Le Mythe du Matriarcat

Publié le par NightWind

"Informations" que l’on peut trouver sur le net

* Deborah : souveraine d’Israel à la période matriarcale. La Bible l’appelle "prophétesse" et "juge" pour déguiser le fait qu’elle était l’une des matriarches d'une époque antérieure.

* La guerre : l’une des premières contributions patriarcales, la guerre était presque totalement absente dans les sociétés matriarcales du Néolithique et du début de l’Age de Bronze. Les villages s'agrandirent pour devenir les premières villes. La Déesse était peinte sur les murs des lieux de culte, donnant naissance à l’enfant divin, son consort, son amant et son fils. Les mathématiques, l’astronomie, la poésie, la musique, la médecine, et la compréhension du travail de l’esprit humain se développaient côte à côte avec la science des Mystères.
Mais plus tard, certaines cultures se développèrent, dévouées à l’art de la guerre. Vague après vague, les invasions indo-européennes balayèrent l’Europe de l’Age de Bronze. Les dieux guerriers chassèrent les peuples de la Déesse loin des plaines fertiles. Le cycle mythologique de la déesse et de son consort, qui avait prévalu pendant trente mille ans, fut modifié pour se conformer aux valeurs des patriarcats conquérants.

 

 
Vénus de Willendorf 

 

En plus du sexisme impliqué, la théorie en question est de l’histoire de supermarché. Il n’y a aucune preuve historique concluante d’une civilisation matriarcale en Europe ou au Moyen Orient. Il y a eu, et il y a toujours, des sociétés matrilinéaires où l’héritage et la généalogie suivent le lignage féminin. Mais ceci n’implique en aucune manière une supériorité ou même une égalité du genre féminin dans ces sociétés. Les Juifs, par exemple, sont traditionnellement une culture patriarcale mais matrilinéaire.

Un autre point est à considérer : si ces matriarcats étaient si stables et puissants, comment les hommes ont-ils pu si aisément prendre le pouvoir ?

 

Il n’y a jamais eu un culte généralisé de la Déesse, au mieux de nos connaissances. Affirmer comme un fait les détails de religions néolithiques et paléolithiques est irresponsable, à cause du manque total de preuves sur lesquelles baser ces théories. L’existence de Vénus paléolithiques n’est pas plus une preuve d’une culture centrée sur la Déesse que les peintures ou les ossements d’ours ne prouvent l’existence d’une culture paléolithique centrée sur le culte de l’ours. Nous ne sommes même pas sûrs que les figurines de Vénus soient des déesses. Ce n’est pas comme si on les trouvait dans des temples aisément identifiables. On les découvre mêlées à d’autres objets.
Et il n’y a rien pour indiquer que les peuples néolithiques et de l’Age de Bronze ne faisaient pas la guerre. En fait, c’est plutôt le contraire, le bronze était important précisément parce qu’il permettait de faire de meilleurs outils (y compris des armes) que la pierre. Si une lance pouvait être destinée à la chasse et une hache à couper du bois, une épée en bronze était évidemment destinée à se battre contre d’autres humains.

 

 
Epées de l'Age du Bronze

 

Le soi-disant pouvoir des femmes païennes

 

Affirmation courante : l’Eglise patriarcale chercha à détruire le paganisme pour ôter le pouvoir aux femmes.
Cette théorie est particulièrement en vogue par les Wiccans les plus féministes. La Wicca devient alors un outil par lequel ces personnes pensent pouvoir récupérer une importance et une influence longtemps réprimées.

 

Certes l’Europe médiévale chrétienne n’était pas un endroit idéal pour les femmes, et l’Eglise y était certes pour beaucoup. Mais l’Eglise était aussi influencée par la culture que ce que la culture était influencée par l’Eglise. Le fait est qu’historiquement, il y a toujours eu une inégalité de genre, que la culture soit païenne ou chrétienne. Le pouvoir des femmes varie de culture à culture, et il est vrai que dans certaines cultures, les femmes bénéficiaient de plus de dignité, de respect et de pouvoir que dans l’Europe médiévale. Mais dire que les femmes étaient généralement considérées comme égales ou même supérieures aux hommes est une exagération terrible. Les royaumes des l’histoire, qu’ils soient païens ou chrétiens, ne peuvent s’enorgueillir que de bien peu de souveraines régnant de fait.

 

Et dans certaines sociétés païennes, les femmes étaient traitées encore plus mal que dans les sociétés chrétiennes, notamment dans l’Empire Romain. Les Romains avaient une anecdote que parlait d’une femme vertueuse qui fut violée : elle en informa son mari et son père afin qu’ils puissent demander justice, puis elle se suicida pour épargner à sa famille la honte de son viol. En comparaison, le Christianisme était une révolution féministe ! Les jeunes filles chrétiennes pouvaient choisir de rester vierges et de se dédier au Christ, alors que la coutume romaine était de marier les filles le plus vite possible. Les épouses choquèrent les Romains en ôtant leurs voiles. Le passage du Nouveau Testament où l’on demande que les femmes soient voilées à l’église n’était pas un acte de contrôle misogyne, mais une mesure prise pour calmer les païens romains.

 

Les Wiccans s’empressent de citer le tabou sexuel chrétien comme étant une des raisons de leur mépris de la femme, puisque le sexe est plus souvent associé aux femmes qu’aux hommes dans le Christianisme. Si ma chasteté était certes respectée dans le Christianisme précoce, ce n’était pas le point central qu’il devint par la suite. Les prêtres, par exemple, n’étaient pas contraints au célibat. Certains intellectuels romains, à l’inverse, suggéraient à l’époque que le sperme était la source du pouvoir de l’homme, et que, par conséquent, l’éjaculation était un affaiblissement considérable. Des solutions drastiques étaient appliquées à ce problème, comme d’attacher des cordes autour des testicules et la castration pure et simple, une pratique que certains ascètes chrétiens adoptèrent par la suite pour tenter d’augmenter leur force spirituelle.

 

Evidemment, je n’accorde pas de points à l’Eglise pour avoir adopté cette mode curieuse, et je n’excuse certes pas ce qui se produisit par la suite au nom de l’Eglise. Mais il faut arrêter de dépeindre les sociétés païennes comme les bastions de l’égalité des sexes et de la raison.

Publié dans Au delà des Bases

Commenter cet article