Le mystère de la vie sur ma terrasse
Je préfère vous prévenir, ce qui suit est quelque chose de très personnel et il est possible que vous trouviez cela tiré par les cheveux. Tant pis pour moi si c'est le cas...
Prologue : mon état d'esprit.
Ce mois de juin a été très particulier pour moi, et j’éprouve le besoin de raconter ce que j’ai vécu comme une expérience spirituelle profonde. Certains d’entre vous le savent, d’autres l’ont peut être soupçonné, mais le mois de mai s'est fini très mal, et il m'a fallu voir le médecin et faire appel aux médicaments pour me permettre de faire le point et de passer ce cap si difficile qu’était le premier anniversaire du décès de Maman.
D’autre part, le hasard a voulu que ma connexion internet rende l’âme au même moment, puis que ma ligne téléphonique et adsl se retrouve en dérangement pendant dix jours. Je dois dire que cette coupure avec le monde des blogs et des forums a aussi, dans un sens, eu son importance dans la remise en question nécessaire qu’il fallait que j’entreprenne.
La découverte
C'est donc dans cet état d'esprit plutôt déprimé que je découvre, le 6 juin (lendemain de l’anniversaire de mariage de mes parents, un hasard sans doute), une drôle de feuille dans une des jardinières qui sont accrochées à la balustrade de ma terrasse. Etonnée, je m'approche pour m'apercevoir que la drôle de feuille est en fait un oiseau qui couve !
Trois jours plus tard, l'oiseau étant parti se nourrir, je peux enfin voir le nid, dans lequel se trouvent 4 petits œufs.
Un hasard ? Eh bien non, dès le départ, j’ai eu le sentiment que c’était un présent de Dame Nature, un présent qu’il me fallait considérer avec respect et amour.
J’ai donc observé la couvaison, persuadée au départ que c'était la mère que je voyais. Recherche faite depuis sur internet, je me suis aperçue que les deux parents se relayaient pour couver. La photo ci-dessus montre d'ailleurs le mâle, reconnaissable à sa gorge nettement noire, et au fait qu'il a le ventre entièrement jaune. La mère, elle, a des couleurs moins marquées, la gorge est plus grise et le ventre est blanc, avec la poitrine et de dessous de la queue jaunes.

20 juin, de drôles de fleurs
C'est seulement à partir du 20 juin que les petits commencent à réclamer leur pitance, et les parents entament alors leur ronde chasse-retour au nid-nourrissage. Comme ils sont moins souvent dans le nid, cela me permet de prendre des photos plus fréquentes et de m’ébahir devant la rapidité avec laquelle les changements se produisent :
Le duvet naissant,

21 juin
les yeux qui s’ouvrent,

23 juin
et, enfin, la sortie du nid.

29 juin
Un sens à tout ça ?
Et j’en arrive donc au sujet principal de cet article : le fait de pouvoir observer le nid ainsi, au jour le jour, et de redécouvrir une capacité d’émerveillement qui m’avait quittée l’an dernier, est-ce bien un hasard ?
Sincèrement, vous l'aurez compris, je ne le crois pas, et aussi étrange que cela paraisse, je pense que cette famille d’oiseaux m’a été envoyée par la Déesse pour m’aider, dans cette période douloureuse, à comprendre enfin le Mystère de la vie. J’ai observé quasi religieusement l’évolution de ces petits oiseaux, et au fur et à mesure que se produisaient les changements, j’ai "entendu" un certain nombre de vérités qui m’ont permis d’avancer dans mon travail de deuil jusqu’à l’acceptation.
La Nature, qui offrait à mes yeux éblouis le dévouement des parents, l’éclosion de la vie, la solidarité des deux adultes pour subvenir aux besoins de leurs jeunes, m’a fait ressentir la toute-puissance de la vie. Tout dans la Nature est fait pour promouvoir la vie. C’est le message que j’ai reçu en observant cette famille d’oiseaux, à un moment où j’avais vraiment besoin de le recevoir.
En suivant l’éclosion de ces oisillons, je me rends compte que j’ai vécu une nouvelle naissance, et je remercie les Dieux qui m'ont fait cadeau de ce Mystère. J’attends à présent que les oisillons s’envolent pour la première fois, en sachant qu’avec eux s’envolera une partie de mon passé, et je me sens prête à recommencer une autre vie, symboliquement représentée par une mutation professionnelle qui m’a été annoncée au moment où les plumes des petits ont commencé à pousser (encore un hasard ?).

26 juin
Je sais que je vais peut-être très loin dans le symbolisme, mais qu’importe après tout.
En parlant de symbolisme, voici ce que j’ai trouvé sur le net pour la bergeronnette, je vous laisse juger de la qualité de ce fameux hasard…
En Egypte, durant l'Ancien Empire, le Bénou était représenté sous les traits d'une bergeronnette. À partir du Nouvel Empire, il prit l'apparence d'un héron cendré.
Le Bénou est l’oiseau représentant l’âme de Rê qui le précède dans la barque céleste. Comme Rê, il était adoré à Héliopolis où on le trouve également lié à Atoum, le dieu du soleil couchant. De ce fait, l’oiseau Bénou est le symbole désigné du présent et du devenir : comme Rê, il renaît de ses propres œuvres, marquant ainsi le cycle du temps. Représentant la création et le renouveau, le bénou était porteur de joie et d’espérance, celle d’une renaissance après la mort.
Voilà, j'arrête ici ce long article. Je tenais à exprimer par ce texte ma gratitude envers ce "hasard" pour m'avoir permis de vivre une expérience qui m'a bouleversée et changée. C'est pour moi une preuve, s'il en fallait une, que les petites choses de tous les jours peuvent prendre une dimension spirituelle, pour peu qu'on sache regarder avec son coeur.
Que les Dieux vous accordent de tels moments.




