Jeudi 7 janvier 4 07 /01 /Jan 03:56

Par Kat-NightWind - Publié dans : Pierres et Plantes

A la faveur de ma première insomnie de 2010, voici quelques informations sur cet arbre que je côtoie quotidiennement (mon jardin en est bordé) et qui, jusqu'à ces derniers mois, ne m'avait pas particulièrement interpelée. Ayant découvert ses qualités en temps que bois de chauffage, j'ai commencé à fouiller la toile pour en savoir un peu plus, et voici ce que j'ai découvert.

Le genre "chêne" (Quercus en latin) regroupe des arbres, en général de grande taille, à feuilles caduques, persistantes ou semi-persistantes. Le chêne rouvre ou pédonculé (Quercus robur), le plus répandu en Europe, atteint de 30 à 50 m de hauteur et peut vivre de 500 à 1 000 ans.  Le chêne blanc ou chêne pubescent (Quercus pubescens), aux feuilles tomenteuses en-dessous, se limite aux climats assez chauds. Son bois de qualité médiocre sert principalement à la fabrication du charbon, mais ses racines abritent les truffes noires. Le chêne-liège (Quercus suber), propre aux régions de la Méditerranée occidentale, à feuilles persistantes, est cultivé pour son écorce, qui fournit le liège. Le chêne vert (Quercus ilex), celui qui m'intéresse ici,  est typique dans les régions méditerranéennes. Ses feuilles toujours vertes sont ovales, parfois peu dentées, parfois aussi épineuses. Son bois est dur et difficile à travailler, excellent comme bois de construction ou de chauffage. Le chêne vert est également apprécié comme chêne truffier.

Le chêne vert est aussi appelé yeuse ou encore chêne faux houx. C'est un arbre de 5 à 20 mètres de haut, au feuillage persistant, dont la longévité moyenne est de 200 à 500 ans, certains spécimens pouvant atteindre 1000 ans. Le tronc est court, couvert d'une écorce qui est d'abord lisse et de couleur gris vert, et qui devient brun noir et gerçurée avec l'âge. Les feuilles sont coriaces, petites (longues de 3-9 cm) vert foncé, luisantes sur le dessus, pubescentes et blanchâtres dessous. La forme de la feuille dépend de l'humidité ambiante : en milieu favorable, elles ont un limbe presque ovale, tandis qu'en milieu sec, elles sont pour la plupart dentées. Les feuilles de l'yeuse, d'un vert sombre et luisant, ressemblent aux feuilles du houx, mais c'est le chêne vert qui a donné son nom au houx et non l'inverse. Ilex est en effet le nom du chêne vert en latin classique (yeuse est une déformation du provençal Euze, provenant d'Ilex)
En avril-mai, l'yeuse se couvre de fleurs : les chatons mâles, vert jaunâtre et très abondants, pendent à la base des pousses de l'année et les fleurs femelles sont groupées sur un court pédoncule à l'extrémité des rameaux.
Les fruits sont mûrs en septembre-octobre, ce sont des glands longs de 2 à 4 cm sur 1.5 a 2 cm de diamètre, roux noirâtre, terminés par une pointe raide, inclus pour moitié environ dans une cupule grise à petites écailles triangulaires.

chenevert3
glands non matures


L'apparition du chêne vert remonte à 13000 - 11000 ans avant notre ère et les activités humaines ont favorisé son extension vers -6000. Contemporain de l'utilisation du feu, il s'étend dans la région méditerranéenne au détriment du chêne pubescent. Ses fruits, comestibles, ont précédé les céréales dans l'alimentation des peuples préhistoriques et dans l'Antiquité.  En Grèce, les Héllènes plaçaient leurs idoles dans les plus beaux et les plus anciens chênes verts. L'arbre était l'habitat de Zeus, et identifié à lui, les bois de chênes verts étaient donc sacrés. Dans la forêt d'yeuses de Dodone, l'oracle décryptait dans le bruissement des feuilles les messages du Dieu. Zeus transforma d'ailleurs Philémon en chêne pour le remercier de sa piété. Le culte du chêne, symbole de force et de sagesse, passa de la Grèce à l'Italie. Pline cite un chêne vert plus ancien que Rome, sur lequel une inscription étrusque indiquait que dès les temps anciens, il avait été vénéré par l'homme.

L'écrivain britannique Robert Graves, auteur, entre autres, de La Déesse Blanche (aujourd'hui intitulé Les Mythes celtes) et Les Mythes grecs, appelle l'yeuse "le jumeau à feuillage persistant du chêne ordinaire". Or c'est Graves qui a développé dans The White Goddess l'archétype du Roi Chêne et du Roi Houx, que le néo-paganisme a popularisé : le "Roi Houx" représente la moitié sombre de l'année. Au solstice d'hiver, il est battu par le "Roi Chêne", qui va régner sur la moitié claire de l'année, mais qui sera à nouveau vaincu par son jumeau sombre au solstice d'été.

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Mais du coup, si Graves appelle l'yeuse "le jumeau à feuillage persistant du chêne ordinaire", et puisqu'il explique que la teinture rouge produite par les fleurs du chêne vert symbolise le fait que l'héritier est aussi celui qui exécute le roi sacré, ne serait-il pas juste de rendre à l'yeuse son rôle sacré ? Puisque les deux Rois sont jumeaux, n'est-ce pas plus logique que le chêne vert, chêne au feuillage persistant, soit celui qui hérite de la Terre à la saison sombre, plutôt que le houx, appelé Ilex par confusion mais qui n'est pas de la même espèce ? 


sources : wikipedia (fr), wikipedia (en),  eco-altitude, Brighidsplace, caer feddwyd, planetenonviolence.org

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