Imbolc 2010

Publié le par Kat-NightWind

Je sais qu'en principe, le sabbat d'Imbolc est fêté le 1er ou le 2 février dans la communauté païenne. Malgré tout, mon âme d'astrologue me fait préférer le jour du mi-point (le point médian entre le solstice d'hiver et l'équinoxe de printemps), et il se trouve que ce mi-point, c'est aujourd'hui, ce soir précisément, à 23h30.

Cet après-midi, entre une expédition Atelier à la poste et le passage du facteur (qui, soit dit en passant, met 30 minutes, en voiture, pour faire 500 mètres... il a dû s'arrêter pour boire le café en route !), j'ai donc fait un petit tour dans mon jardin, histoire de profiter d'un soleil radieux, rare ces temps-ci, et de voir comment mon petit univers vert avait supporté la neige et le gel de cet hiver nettement plus froid que ce que nous avons l'habitude de voir dans la région.

Emerveillée, j'ai découvert sous les feuilles des iris la première fleur de crocus, petit soleil jaune au milieu des débris de l'hiver. Un peu plus loin, les boutons floraux de narcisses et de jonquilles, gonflés par les pétales qu'on devine déjà, sont prêts à sortir de leur écrin. Les noisetiers plantés l'an dernier ont de nouvelles branches de 30 cm, couvertes de bourgeons. La terre est parfumée, riche de tout ce qui l'a recouverte à l'automne, prête à voir éclore à nouveau la vie.

Et en me promenant parmi les plantes qui sont d'ores et déjà en train de renaître, je me suis dit qu'il ne pouvait y avoir de rituel plus beau que le fait d'accueillir cette renaissance de façon directe, mes mains caressant cette ébauche de vie, ma voix murmurant des paroles qui sont venues toutes seules.

La nature sait que la lumière revient, les jours ont nettement rallongé, les plantes sentent l'appel de la vie, cette vie qui est là, encore discrète mais bouillonnante. Il suffit de regarder vraiment, de laisser ses yeux, son coeur, son âme, s'émerveiller face à ce Mystère toujours renouvelé. Il suffit de vouloir voir, sentir, entendre le chant de Gaïa qui s'élève peu à peu autour de nous. La vie n'a jamais cessé, elle ne cesse jamais. Le message d'espoir contenu dans le plus petit bourgeon est plus puissant que tous les mots que nous, humains, pouvons prononcer.

Il suffit de vouloir... cesser de soupirer à cause du froid, se dire que ce froid a fait tomber les feuilles des arbres, enrichissant l'humus pour le rendre fertile... cesser de ronchonner après la pluie, se dire que cette pluie nourrit la vie qui germe sous terre... cesser de grelotter dans nos maisons pourtant douillettes, se dire que les oiseaux s'agitent déjà, préparant les nids qui vont accueillir leurs oeufs, profitant du redoux pour reprendre des forces... oublier un instant les factures, la crise, tout ce que notre société a d'artificiel et qui nous gâche ce plaisir, ce bonheur pourtant si simple, celui de regarder un bouton floral prêt à éclore, celui d'imaginer la petite merveille qui se cache à l'intérieur, le parfum qu'elle nous offrira dans quelques jours ou quelques semaines... Prenons le temps d'écouter la symphonie discrète de la Terre qui se prépare à accueillir le printemps.

Joyeux Imbolc à tous !

Publié dans Mes Pensées Païennes

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