Partager l'article ! 2012 et les Mayas © John Major Jenkins: source http://www.december212012.net/Mayan_Long_Count_Calendar.htm par John Major Jenkins ...
source http://www.december212012.net/Mayan_Long_Count_Calendar.htm
par John Major Jenkins
(...) Les chercheurs savent depuis des décennies que le cycle de 13 baktuns du Compte Long était prévu pour se terminer précisément lors d’un solstice d’hiver, et que ce système de décompte du temps avait été mis en place il y a quelques 2300 ans. Ce fait surprenant – que les astrologues mésoaméricains antiques aient pu pointer un solstice d’hiver si loin dans le futur – n’a pas été traité pas les spécialistes des Mayas. Et pourquoi ont-ils choisi l’année 2012 ? On a immédiatement l’impression d’être confronté à un très étrange mystère. Je vais partir d’un indice à ce mystère présenté par Linda Schele dans Maya Cosmos (1994). Cet article est la culmination naturelle des recherches concernant le Compte Long Maya et la précession des équinoxes que j’avais commencées dans mon récent livre Tzolkin: Visionary Perspectives and Calendar Studies (Borderlands Science and Research Foundation, 1994).
Le Compte Long
Juste quelques bases pour commencer. Les Mayas étaient férus d’astrologie. On pense que leur Période Classique a duré de 200 à 900, bien que certaines trouvailles archéologiques semblent
repousser l’aube de la civilisation Maya d’Amérique Centrale. De grands sites en ruines indiquant une culture avancée avec des antécédents distinctement Mayas sont en train d’être explorés dans
la jungle du Guatemala, qui remonteraient à une période située avant l’ère chrétienne. Et même avant ça, la civilisation Olmèque avait développé le compté sacré de 260 jours connu sous le nom de
tzolkin. Les premiers Mayas adoptèrent deux différents systèmes de décompte du temps, le Compte Court et le Compte Long. Le Compte Court dérive de la combinaison du cycle tzolkin avec l’année
solaire et avec le cycle de Vénus de 584 jours. De cette manière, des périodes "courtes" de 13, 52 et 104 ans étaient générées. Malheureusement, nous n’avons pas le temps d’approfondir les
propriétés du Compte Court ici. Le Compte Long est plus abstrait, pourtant il est aussi relié à certains cycles astronomiques. Il est basés sur de cycles de jours multipliés à chaque niveau par
le nombre clé Maya, vingt :
1 jour = 1 Kin
20 jours= 1 Uinal
360 jours = 1 Tun
7200 jours = 1 Katun
144000 jours = 1 Baktun
Remarquez que la seule exception à la multiplication par 20 est au niveau du tun, où la période du uinal est multipliée par 18 pour faire le tun de 360 jours. Les Mayas employaient ce système pour décompter le nombre de jours écoulés depuis le moment où il avait été mis en place. Munro Edmonson pense que le Compte Long a été mis en place vers -355. C’est peut-être le cas, mais la date la plus ancienne en Compte Long qui ait pour le moment été découverte correspond à -32. On écrit les dates en Compte Long, dans les archives archéologiques, en commençant par la valeur du baktun, et en séparant par des points. Par example : 6.19.19.0.0 est égal à 6 baktuns, 19 katuns, 19 tuns, 0 uinal et 0 jour. Chaque baktun a 144000 jours, chaque katun a 7200 jours, et ainsi de suite. Si on ajoute toutes les valeurs, on trouve que 6.19.19.0.0 indique qu’un total de 1007640 jours s’est écoulé depuis la date 0.0.0.0.0. Le cycle tant discuté de 13 baktuns est terminé en 1872000 jours (13 baktuns) après 0.0.0.0.0. Cette période de temps est ce qu’on appelle le "Grand Cycle" du Compte Long et équivaut à 5125.36 ans.
Mais comment pouvons-nous relier ceci à un cadre temporel que nous comprenions ? Comment le Compte Long s’accorde-t-il avec notre calendrier grégorien ? Ce problème de corrélation occupe les chercheurs depuis le début. La question principale à laquelle il faut répondre devient : à quoi correspond 0.0.0.0.0 (le début du Compte Long) dans le calendrier grégorien ? Quand on répondra à cette question, les inscriptions archéologiques pourront être remises dans leur contexte historique et la date de fin du cycle de 13 baktuns pourra être calculée. Après des années de consultation de données provenant de divers domaines comme l’astronomie, l’ethnographie, l’archéologie et l’iconographie, J. Eric S. Thompson a déterminé que 0.0.0.0.0 correspondait à la date Julienne 584283, ce qui est égal au 11 Août 3114 avant l’ère chrétienne, dans notre calendrier grégorien. Cela veut dire que la date de fin de 13.0.0.0.0, quelques 5125 ans plus tard, est le 21 décembre 2012. (…)
Le point d’intérêt de ces astronomes précoces semble avoir été la date de fin en 2012, plutôt que la date de début en -3114. Ayant déterminé la date de fin en 2012 (pour des raisons sur lesquelles nous nous attarderons bientôt), et l’ayant appelée 13.0.0.0.0, ils proclamèrent donc qu’ils vivaient dans le 6e baktun du Grand Cycle. Les Mayas plus tardifs attribuèrent certainement une grande signification mythologique à la date de début, la reliant à la naissance de leurs déités, mais il semble maintenant sûr que la mise en place du Compte Long s’articule sur sa date finale. Pourquoi les astrologues mésoaméricains antiques choisirent-ils une date située à 2300 ans dans le futur et, en fait, comment ont-ils pointé précisément un solstice d’hiver précis ? Avec toutes ces considérations, on commence à soupçonner que, pour une raison inconnue, les anciens astronomes du Nouveau Monde cherchaient à suivre la précession.
La Précession
J’ai conclu que même des cultures possédant une simple astronomie de l’horizon et une tradition orale qui dureraient plus de 100 ans pourraient remarquer le lent déplacement des cieux. Par exemple, imaginez que vous vivez dans un environnement qui permette une astronomie précise de l’horizon. Même si ce n’est pas le cas, vous pouvez ériger des monolithes pour voir la position sur l’horizon du lever de soleil du solstice d’hiver. Cette position par rapport aux étoiles qui se trouvent derrière peut être préservée par le poésie orale ou par l’enseignement, et transmise pendant plusieurs siècles. Puisque la précession change cette position à la vitesse d’1 degré tous les 72 ans, même dans le temps relativement court de 100 ans, un changement repérable aura eu lieu. La conclusion de ceci est simple. Pour les cultures primitives attentives aux mouvements du ciel, la précession n’était pas difficile à remarquer. (…)
L’Arbre Sacré
(…) Qu’est-ce que le solstice d’hiver de 2012 avait de si important et, exactement, comment les calculs ont-ils été aussi précis, vu que la précession les rend extrêmement complexes ?
Si on dresse une carte du ciel standard pour le 21 décembre 2012, rien de très inhabituel n’apparaît. C’est de cette façon que je m’étais égaré dans mes recherches jusqu’à ce que Linda Schele ne fournisse un indice dans son récent Maya Cosmos. La révélation probablement la plus importante de ce livre est son identification de la signification astronomique de l’Arbre Sacré des Mayas. A partir d’une quantité impressionnante de preuves iconographiques, et en partageant généreusement le processus par lequel elle est arrivée à sa découverte, elle trouve que l’Arbre Sacré n’est rien moins que le point de croisement de l’écliptique avec la bande de la Voie Lactée. Il est vrai que la Voie Lactée semble avoir joué un rôle important dans l’imagerie Maya. (…) L’incroyable site Maya de Palenque est truffé de motifs d’Arbres Sacrés et de références à des événements astronomiques. Dans leur livre Forest of Kings, Schele et Freidel ont suggéré que l’Arbre Sacré se rapportait à l’écliptique. Apparemment ce n’était qu’une partie de l’image, car l’Arbre Sacré que Pakal escalade à sa mort est davantage que l’écliptique, c’est la porte sacrée vers le monde souterrain. Le point de croisement de la Voie Lactée et de l’écliptique est cette porte et représente la source sacrée et l’origine. Sur le diagramme du célèbre sarcophage, remarquez que l’arbre de la Voie Lactée sert d’extension à l’ombilic de Pakal. L’ombilic est l’entrée d’un être humain dans la vie, et aussi son entrée dans la mort :
On peut aussi se souvenir à ce point que le calendrier tzolkin est supposé jaillir de l’Arbre Sacré. L’Arbre Sacré est, en fait, au centre de la cosmogonie Maya tout entière. Nous devrions donc explorer la nature de cet objet astronomique.
La première question m’est venue comme suit. Puisque le Seigneur (Ahau) Pakal est, par sa royauté divine, considéré comme l’égal du soleil, et qu’on le dépeint "entrant" dans l’Arbre Sacré sur le couvercle de son fameux sarcophage, quel est le jour où le soleil entre en conjonction avec le point de croisement de l’écliptique et de la Voie Lactée ? Ce serait nécessairement une date importante. Dans le ciel, juste avant l’aube de cette date, la Voie Lactée serait visible comme une arche au-dessus de nos têtes partant de la région de Polaris (le Cœur du Ciel) et pointant juste à l’endroit où le soleil se lève. Cette date (et la corollaire 6 mois plus tard) est la seule date où le Soleil/le Seigneur Pakal pourrait sauter de la piste de l’écliptique et voyager vers le haut de la Voie Lactée jusqu’à la région de Polaris, pour pénétrer dans le "Cœur du Ciel." Il faut mentionner qu’il y a 1300 ans, au zénith de la gloire de Palenque, Polaris était beaucoup moins l’exacte "étoile polaire" que ce qu’elle est aujourd’hui. Schele démontre que les Mayas ne considéraient pas comme mythologique une étoile polaire, mais la région polaire appelée "région sombre", qui symbolisait la mort et le monde souterrain autour duquel tout tournait. La vie tourne autour de la mort – une croyance caractéristique des Mayas. Les dates auxquelles le soleil est conjoint à l’Arbre Sacré sont donc très importantes. Ces dates changent avec la précession. Schele ne continue pas ce raisonnement, cependant, et ne mentionne même pas le fait que ces dates puissent être significatives. Si on remonte à 755, on découvre que le soleil est en conjonction avec l’Arbre sacré le 3 décembre. Il faut mentionner à ce point que la Voie Lactée est une bande large, et que peut-être une marge de 10 jours doit être considérée.
Pour commencer, malgré tout, j’utilise le centre exact de la bande de la Voie Lactée tel qu’on le trouve sur les cartes stellaires, connu sous le nom d’"Equateur Galactique" (à ne pas confondre avec le Centre Galactique). Là où l’Equateur Galactique croise l’écliptique dans le Sagittaire, il se trouve que c’est l’endroit où débute la "déchirure sombre". C’est une bifurcation sombre dans la Voie Lactée causée par des nuages de poussière interstellaire. Pour les observateurs se trouvant sur la Terre, elle apparaît comme une route sombre qui commence près de l’écliptique et s’étend le long de la Voie Lactée vers Polaris. Les Mayas d’aujourd’hui sont très conscients de cette zone ; les Mayas Quiché l’appellent "xibalba be" (la route vers Xibalba) et les Mayas Chorti l’appellent le "camino de Santiago". Dans la traduction de Dennis Tedlock du Popol Vuh, nous découvrons que les anciens Mayas l’appelaient la "route sombre". Les héros jumeaux Hunahpu et Xbalanque doivent voyager le long de cette route pour combattre les Seigneurs de Xibalba. (…)
En ce qui concerne la façon dont cette zone était mentionnée dans la mythologie, il semble que lorsqu’une planète, le soleil ou la lune entrait dans la déchirure sombre de la Voie Lactée dans le Sagittaire (qui se trouve être le centre exact de la Voie Lactée, l’Equateur Galactique), entrer dans le monde souterrain était possible, ce qui amènerait le voyageur jusqu’au Cœur du Ciel. Des rites de visions shamaniques étaient probablement impliqués dans ce scenario. Dans le Yucatan, les cavernes souterraines étaient des lieux rituels utilisés par le shaman pour voyager vers le monde souterrain. Schele explique que "la mythologie Maya identifie la route vers Xibalba au fait de traverser une caverne" (Forest of Kings, 209). Nous avons ici une référence métaphorique à la "déchirure sombre" de la Voie Lactée par le moyen de sa contrepartie terrestre, un syncrétisme entre la terre et le ciel qui est caractéristique de la pensée Maya. Surtout, ce qui devient apparent à partir de la cosmogonie Maya, c’est que la création semble avoir pris place à un carrefour céleste – le point de croisement de l’écliptique et de la Voie Lactée.
Pour clarifier cette image toujours grandissante, arrêtons-nous pour regarder quelques cartes. En plus des cartes stellaires détaillées de Norton's 2000.0 Star Atlas, qui m’ont permis de localiser le point de croisement de l’Equateur Galactique et de l’écliptique, j’utilise EZCosmos pour marquer ces positions. Ce que j’ai trouvé répond à la question de savoir pourquoi les Mayas ont choisi le solstice d’hiver de 2012, un problème qui a semble-t-il été évité par les astronomes et par les spécialistes des Mayas. S’il est vrai que le soleil est en conjonction avec l’Arbre Sacré le 3 décembre 755, au fil des siècles la précession a fait que la date de la conjonction se rapproche du solstice d’hiver. Alors, à quelle distance sommes-nous de la conjonction parfaite aujourd’hui ? Quand, exactement, pouvons-nous nous attendre à ce que le soleil du solstice d’hiver soit conjoint au point de croisement de l’Equateur Galactique et de l’écliptique - l’Arbre Sacré Maya ? N’importe quel astronome vous dira que, au moment présent, la Voie Lactée croise l’écliptique dans la constellation du Sagittaire et que cette zone est riche de nébuleuses et d’objets de forte densité. En fait, là où la Voie Lactée croise l’écliptique dans le Sagittaire, il se trouve que c’est aussi la direction du Centre Galactique.
Les Cartes
Alors la quête continue pour savoir pourquoi le 21 décembre 2012 pourrait représenter une sorte d’anomalie astronomique. Je vais aller droit au fait. Regardons quelques cartes.
Carte 1.
Voici une vue complète du ciel à midi le 21 décembre 2012. La bande de la Voie Lactée est visible, elle s’étire d’en bas à droite jusqu’en haut à gauche. La ligne pointillée plus ou moins
verticale indique l’Equateur Galactique. Les planètes sont visibles, elles tracent un chemin à peu près horizontal à travers la carte, indiquant l’écliptique. Le soleil, étonnamment, est pile au
milieu de l’Arbre Sacré. Regardons de plus près.
Carte 2.
Le champ est maintenant réduit à une vue d’horizon à horizon à un champ de 30°. Une partie de la constellation du Sagittaire est visible en bas à gauche de la carte. La planète dans la moitié supérieure à gauche est Pluton, qui ne suit que rarement l’écliptique. Le carré central près du soleil est placé sur la Nébuleuse Trifide (M20). D’après la carte que j’ai utilisée, cette nébuleuse est très près du point de croisement de l’Equateur Galactique et de l’écliptique. Toutefois, une petite étoile (4 Sgr) est encore plus près; elle est juste sur l’Equateur Galactique et sa déclinaison est juste de 00 .08' sous l’écliptique. Regardons ceci d’encore plus près.
Carte 3.
Le champ est maintenant réduit à un écart de 5 degrés, ce que l’astrologie considère comme étant une conjonction. Le point en bas à droite du soleil est l’étoile 4 Sgr. De façon surprenante, le soleil est pile sur la cible. On ne pouvait pas espérer une conjonction plus exacte. 1 jour avant ou après éloignera le soleil considérablement du point de croisement. Le 21 décembre 2012 (13.0.0.0.0 en Compte Long) représente donc une conjonction très précise du soleil du solstice d’hiver avec le point de croisement de l’Equateur Galactique et de l’écliptique, ce que les anciens Mayas reconnaissaient comme étant l’Arbre Sacré. Il est crucial de comprendre que le soleil du solstice d’hiver n’est que très rarement conjoint à l’Arbre Sacré. En fait, c’est un événement qui s’est mis en résonnance très lentement sur des milliers et des milliers d’années. Ce que cela peut signifier astrologiquement, comment cela peut affecter le "climat énergétique" sur terre, sera traité dans un sujet différent. (…).
Résumé
(…) Cet essai n’est pas relié à des preuves fragiles, il se base sur deux faits :
1. la date bien connue de la fin du cycle de 13 baktuns du Compte Long Maya, le 21 décembre 2012 et
2. la situation astronomique à cette date.
En se basant seulement sur ces deux faits, les créateurs du Compte Long connaissaient et savaient calculer la vitesse de la précession il y a plus de 2300 ans. Je ne peux concevoir aucune autre conclusion. Expliquer ceci que comme une simple "coïncidence" ne ferait qu’obscurcir la question.
Pour les astronomes mésoaméricains de cette époque, la lente approche du soleil du solstice d’hiver vers l’Arbre Sacré était considérée comme un processus critique, dont la culmination méritait d’être appelée 13.0.0.0.0, la fin d’un Age du Monde. Le chemin serait alors ouvert par la porte du solstice d’hiver, vers le haut de l’Arbre Sacré, la Xibalba be, jusqu’au centre de cieux, le Coeur du Ciel.
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