Les Menhirs d'Epoigny

Publié le par Kat-NightWind

L'alignement de menhirs
de la Pièce aux Tourteaux (ou Tourtereaux),
à Epoigny , près de Couches

 

Juste au sud de la D978, au nord ouest du village de Couches, à environ un kilomètre de la route principale,  plusieurs menhirs se dressent au milieu d’un champ, près d’un embranchement. Les pierres forment sans doute le plus bel alignement de l'Est de la France, et sont dressés à proximité de voies anciennes et à la limite de la ligne de partage des eaux séparant les bassins de la Saône et de la Loire.

 

 

L’ensemble est constitué de 7 pierres, dont 5 ont été redressés dans les années 1980 à proximité des emplacements où elles gisaient, mais les connaissances actuelles ne permettent pas d'établir si les menhirs formaient un alignement ou un cromlech, car seuls les emplacements des menhirs 2 et 3 ont été retrouvés.
L'alignement actuel forme un V dont la pointe Sud est occupée par le menhir 1. Sur la branche du V orientée Nord-Est sont disposés les menhirs 2 et 3. Sur l'autre branche sont disposés le menhir 6, les pierres 4 et 5 et au bord de la route le menhir 7. Les menhirs 1, 2 et 3 ont été gravés par les hommes du néolithique. Ces gravures ont cependant subi l'outrage des ans et sont difficilement visibles.

 

 

Le menhir 1

Il a une hauteur de 7,3m et un poids estimé de 30 tonnes. Il est enfoncé de 1,6m dans un massif de béton, à plusieurs mètres de l'emplacement où il gisait. Un examen du menhir avant son redressement a permis de déterminer que les néolithiques ne l'avaient enterré que de 1,2m. Il est gravé d'un trait faisant le tour du sommet. Sur sa face Sud, il y a une représentation anthropomorphe de 70cm, au-dessous de laquelle il y a 5 cupules. Plus bas, il y a une hache emmanchée de 35cm de hauteur. Enfin, sur sa face Est, on peut voir une cupule contenue dans un cercle. La représentation anthropomorphe du menhir 1 se rapproche des gravures rupestres de la crête des Barmes dans le Valais suisse ou de Val Camonica en Italie, gravures qui datent du néolithique moyen. Quant à la hache emmanchée, on en retrouve de nombreux modèles sur les mégalithes bretons.

 

Le menhir 2

Il a une hauteur de 5,85m et reposait à 50m au Nord-Est du menhir 1. Il a été redressé à 4m à l'Ouest de son emplacement d'origine, où il était moins enterré et tourné dans l'autre sens. Le menhir 2 a été taillé en forme d'ogive, rappelant ainsi les stèles en écusson renversé de Bretagne. Ce menhir est orné de deux grosses cupules dont la plus haute est pédonculée. Ce genre de cupule se rencontre fréquemment sur les statues-menhirs du Rouergue.

 

Le menhir 3

Il mesure 5,8m et est dressé à quelques mètres à l'Ouest de l'endroit où ont été découverts, à un mètre de profondeur, son trou d'implantation et le système de calage. Le menhir 3 possède des cupules et, sur une des faces, des signes elliptiques entourant une représentation anthropomorphe.

 

Le menhir 6

Il mesure 5,6m et a été redressé dans un bloc de béton à peu près à l'emplacement de sa découverte.

 

Le menhir 7

Il a été dressé en bord de la route. Auparavant, ce menhir servait de parapet à un pont, mais la tradition orale affirmait qu'il provenait d'Epoigny. Il a donc été réimplanté à proximité des autres menhirs, mais l'absence de données archéologiques sur son emplacement original a motivé son implantation le long de la route.

 

La pierre 4

C'est un gros bloc de 2m de long pour 0,7m de large, fragment d'un menhir plus grand qui a été débité.

 

La pierre 5

C'est un bloc régulier de 3,95m de longueur, qui présente à une extrémité une entaille de 15cm de profondeur sur trois de ses faces. Les pierres 4 et 5 ont été découvertes dans la prairie voisine et regroupées à proximité du menhir 6. Elles proviennent de grands monolithes qui ont été débités (l'entaille de la pierre 5 a été réalisée à l'aide d'outils en pierre, ce travail inachevé étant préhistorique). Ces pierres ne se raccordent pas entre elles et proviennent de blocs plus importants, ce qui laisse supposer la présence d'un grand ensemble mégalithique.

 

 

Contrairement à ce que l’on peut trouver sur nombre de sites consacrés aux mégalithes, ce ne sont pas les Celtes qui les ont érigés. Le mégalithisme est une forme d'architecture pratiquée un peu partout dans le monde à différentes époques et en particulier en Europe par les peuples de la Préhistoire récente, au Néolithique (environ 5000 à 2000 avant J-C.). La culture celte, quant à elle, est proto-historique et a connu son apogée entre les 8e et 3e siècles avant l'ère chrétienne. Il est toutefois possible que les Celtes aient inclus certains mégalithes dans leur système religieux.

 

Au niveau du peuplement celtique, la région était occupée par les Éduens (Haedui en latin), puissante tribu de la Gaule centrale, qui était établie dans les départements actuels de l'Allier, la Côte-d'Or, la Nièvre et la Saône-et-Loire. Ils étaient voisins (et ennemis) des Séquanes à l'est et des Arvernes au sud-ouest.
L’étymologie de leur nom provient d'une même racine qui donna aussi bien des termes grecs que des mots de langues celtiques : aithô (enflammer, brûler) en grec ancien, aed (le feu) en irlandais, aidd (le zèle) en gallois.
Ainsi, les Éduens seraient Les Ardents, les hommes de feu. Bibracte fut leur capitale de la fin du 2e siècle à la fin du 1er siècle avant notre ère. Centre névralgique du pouvoir éduen, c'était aussi un important lieu de commerce où se côtoyaient mineurs, forgerons et frappeurs de monnaies sur une superficie de près de 135 hectares. Ce site remarquable, situé sur la commune de Saint-Léger-sous-Beuvray (Saône-et-Loire) au sommet du mont Beuvray, est au confluent des bassins de la Saône, de l'Yonne, de la Seine et de la Loire. Le Beuvray est constitué de trois sommets : le Theurot de la Wivre avec sa pierre, le Theurot de la Roche et le Porrey qui est le point culminant.

 

Sources diverses dont : Wikipédia, www.lieux-insolites.fr & www.megalithic.info

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