Pistes de réflexion sur la Nature du Dieu

Publié le par NightWind

A ce stade de ma traduction de l'ouvrage d'Esra Free, beaucoup d'idées me traversent l'esprit et je ne peux empêcher mon esprit de vagabonder en quête de réponses. J'avoue que le dernier chapitre que j'ai traduit (chapitre 6 : le Problème du Dieu) m'a particulièrement intéressée et me pousse à m'interroger sur la nature du Dieu Cornu. Je reconnais que jusqu'à présent, comme beaucoup, je pense, je n'ai pas cherché à aller plus loin dans cette tentative de définition de ce qu'Il est, mais après la lecture de ce long chapitre, plusieurs pistes de réflexion me sont venues. Je n'ai pas la prétention d'apporter une réponse, loin de là ! Je n'ai pas assez d'expérience en la matière, ni assez de connaissances pour prétendre détenir une réponse, et encore moins toutes ! Mais ce chapitre a agacé mes connexions neuronales...

 

Voici donc ces pistes de réflexion qui, en grande partie, sont une reformulation du texte traduit, dont le style est parfois assez obscur (à lire et encore plus à traduire !), car j'ai besoin de dire les choses avec mes propres mots pour pouvoir réellement en comprendre le sens. J'ai essayé d'y ajouter des images qui me parlent, ainsi que les informations dont je manquais sur la naissance de l'Univers, informations que je suis allée chercher sur le net, sur divers sites de vulgarisation scientifique, vu que cette partie de la connaissance humaine n'est pas un de mes points forts...

 

Nous sommes liés physiquement et émotionnellement à la Terre Mère, alors que le Dieu Père reste distant, davantage intellectuel. Nous n’avons pas de lien physique avec lui, sans doute parce que, comme un nouveau-né, nous sommes trop proches de notre Mère

 

Au niveau humain, le foetus débute son existence dans le ventre de sa mère, relié à elle par le cordon ombilical, grâce auquel il se nourrit des nutriments qu’elle ingère. Au bout de neuf mois, il ne se sépare qu’en partie du corps physique de sa mère, car en tant que nourrisson, il reste en contact quasi-permanent avec sa peau, son odeur, son image. Le lien physique est donc omniprésent dans les premières semaines de la vie, et de ce lien physique naît un lien émotionnel très fort.
A l’inverse, le rôle de géniteur n’est pas quelque chose de physique et ne peut être compris par le nouveau-né. Ce n’est que bien plus tard, une fois la parole acquise, que l’enfant pourra appréhender ce rôle physique. Son lien avec le père avant cela est uniquement émotionnel, créé par la présence et l'affection du père, par son investissement dans l'évolution émotionnelle du bébé

 

Il en va de même pour le lien que nous avons avec la Terre Mère : le contact physique avec elle, à moins d'être astronaute, est permanent. Nous sommes totalement dépendants de l'environnement terrestre : nous nous nourrissons de ses fruits, buvons son eau, respirons son air.
Le fait que nous ne soyons jamais séparés de la Terre Mère nous empêche de percevoir clairement le rôle du Père. Notre vision du monde et de l'univers qui nous entourent est forcément géocentrique : nous percevons tout depuis la Terre, et par conséquent, tout ce que nous percevons est en quelque sorte déformé par la présence de la Terre

 

Il nous faut donc chercher intellectuellement à définir le Dieu Père. Un de ses rôles (et de ses Mystères) est exprimé dans la Charge du Dieu Cornu :

Je provoque la vie dans la matrice qui est une tombe,
Car Je suis la graine qui fertilise.
Je suis la vie qui abonde, car Je suis le grain qui pousse
Et Je suis la mort, la récolte de l’automne.
Et Je suis la renaissance après les ténèbres,
Car Je suis la graine qui germe à nouveau.

 

L’observation de la Nature nous permet d’avoir un aperçu de ce Mystère : la Graine de vie germe, grandit pour devenir un être vivant (quelle que soit sa forme) qui à son tour produit d’autres Graines de vie, et le cycle naturel se poursuit : fertilisation, germination, croissance, récolte…

 

Mais lorsque nous essayons de projeter ce schéma au niveau supra-terrestre, cela se complique, car il nous faut alors envisager le Dieu Père comme étant la Graine de Vie qui fertilise l’Univers (=le corps de la Grande Déesse).

 

Un peu de cosmologie… la naissance de l’Univers.

 

 

Selon l'astronome belge G.Lemaître, l'Univers serait né à partir d'un "atome originel", c'est-à-dire d'une sphère instable où toute la matière et l'énergie de l'Univers étaient comprimées.
L’univers primordial a commencé son existence par l’explosion de cette sphère (explosion communément nommée le Big Bang) il y a 15 milliards d’années, ce qui a marqué le début d’une expansion qui continue aujourd’hui.

 

Juste après le Big Bang , c’est le noir absolu, car la lumière et la matière sont intimement liées, empêchant les photons de s’échapper. À ce stade d'évolution, la matière n’est pas encore née, seul règne le vide au sens quantique du terme (apparition et disparition de particules virtuelles).

 

10-43 s après le Big Bang, la superforce (appelée aussi gravité quantique) se scinde en deux forces : la gravitation (à laquelle on devra, beaucoup plus tard, le phénomène d'accrétion des planètes, leur organisation en régions denses et donc la formation des galaxies) et la force électronucléaire.

 

Une seconde après l’explosion primordiale, les protons apparaissent et, dans les quelques minutes suivantes, nommées parfois les "trois premières minutes", les protons et les neutrons s’assemblent pour former les premiers noyaux atomiques.

 

Vers 300 000 ans, la température de l’Univers passe sous la barrière des 4 000 K. Dans ces nouvelles conditions de température et de densité, les électrons sont enfin captés par les noyaux atomiques, donnant naissance aux premiers atomes d'hydrogène et d'hélium. La formation de ces atomes s’accompagne du découplage entre les photons et la matière. C’est la toute première lumière de l’univers, appelée aussi rayonnement fossile. 

 

Si on considère tout ceci d’un point de vue spirituel, l’atome originel, la sphère instable qui est à l’origine de l’Univers, pourrait correspondre à l’Un, l’androgyne primordial, contenant à la fois le masculin et le féminin. Le Big Bang correspondrait donc à la séparation des deux polarités.

 

La dissociation matière/lumière, qui est à l’origine de la naissance des premiers atomes, elle-même à l’origine de la formation des corps célestes, pourrait bien, dans ce cas, représenter la dissociation Déesse/Dieu… Si l’on suit cette hypothèse, la Déesse serait donc matière et le Dieu serait lumière. De mon point de vue personnel, cela s’accorde plutôt bien avec l’image du yin-yang taoïste (yin féminin sombre = matière, yang masculin clair = lumière), avec le fait qu’en tant qu’êtres matériels, nous avons davantage de liens avec la Déesse qu’avec le Dieu, et même avec la représentation symbolique chrétienne du Dieu de Lumière (et de son "Que la Lumière soit") !

Au niveau terrestre, la vie enfouie dans la Terre ne peut éclore sans la lumière du Soleil, et la lumière serait donc bien le déclencheur de la vie, ce qui anime la Graine…

Publié dans Mes Pensées Païennes

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