La Chasse aux Sorcières en Europe

Publié le par NightWind

Mise en garde : 

Certains éléments de ce texte peuvent s'avérer choquants. Toutefois il s'agit d'une réalité historique et j'estime qu'il est parfois nécessaire d'oublier le politiquement correct pour faire passer un message. Le devoir de mémoire doit jouer, afin que ce genre de persécutions ne se reproduise plus jamais.

Les premières chasses aux sorcières débutent vers le milieu du 15e siècle, à la fin du Moyen-âge. On peut dater la première vague de répression, menée par les tribunaux de l'Inquisition, de 1480 à 1520. Mais la répression la plus intense a lieu entre 1580 et 1630, et elle est menée par des tribunaux séculiers. Il y aura environ 100 000 procès et 50 000 exécutions. Les victimes seront essentiellement des femmes, environ huit sorcières pour un sorcier, soit 80%.

La toile de fond historique
Pour comprendre le phénomène, il faut tenir compte du contexte historique qui l'entoure.
Le XIVe siècle : la guerre de Cent Ans (1337-1453) ébranle un équilibre fragile. Puis la Grande Peste de 1348-1349 fauche entre un tiers et deux tiers de la population citadine, créant un traumatisme profond. Tout cela accentue la misère des paysans, qui se révoltent. Ce sont les Jacqueries, vite et violemment réprimées. 
Le XVe siècle voit la mort puis la réhabilitation de Jeanne d'Arc, la fin de la féodalité, la naissance de l'imprimerie et la découverte de l'Amérique, mais aussi de nombreux conflits, des disettes et de nombreuses épidémies qui frappent une population déjà affaiblie : peste, variole, typhus, malaria, coqueluche, syphilis.
Le XVIe siècle est aussi une époque de grande effervescence : c'est le début de la modernité, avec tout ce que cela comporte de bouleversements. Pour l’élite, la perpétuation des croyances païennes est un frein à la modernité, car elles maintiennent les masses populaires dans l'immobilisme. La période de 1450-1600 est également une période de crise économique et démographique, qui se manifeste par une augmentation considérable de la population, et une crise céréalière faisant augmenter le prix du pain. Enfin, l'histoire du climat nous révèle que l'époque connaît une période de fort refroidissement à partir de 1550, refroidissement qui a des effets désastreux sur les cultures, la chasse, et la subsistance en général. Ce dérèglement est particulièrement marqué en certains points de l'Europe, ceux où l'on allumera le plus de bûchers.
 

L’évolution de la représentation du diable
Durant le haut Moyen-âge, le diable est multiple : des diablotins en tous genres, drôles ou facétieux, figures héritées du paganisme. C’est aussi un personnage dont on se moque ou que l'on escroque dans les contes ou les Mystères. Le diable ne fait pas peur, le peuple ne sent pas concerné par l'Enfer et le Démon.
La représentation du diable commence à se modifier à partir du XIIe siècle. L'art roman introduit les premiers démons effrayants, monstres et griffons, et l'enfer commence aussi  à être représenté. La réelle transformation s'effectue vers le milieu du XIVe siècle. A cette période, dans les discours de clercs, dans les livres et dans l'art, le souverain des enfers amorce une métamorphose radicale. Les représentations cauchemardesques se multiplient, relayées à partir du XVe siècle par les délires des démonologues. Non seulement le diable est devenu un souverain puissant, mais il est aussi capable de se cacher dans les entrailles de chacun - et surtout chez les femmes. Parallèlement, la vision de l'enfer devient de plus en plus terrifiante. On y voit des hordes de démons affairés à torturer de façon extrêmement réaliste des damnés aux corps brisés, découpés, laminés.
Néanmoins, une telle modification culturelle met du temps à se mettre en place et, pour le peuple, le diable reste encore, jusqu'au milieu du XVIe siècle environ, un personnage comique plutôt maladroit. Il faudra de nombreux traités de démonologie, des prêches, des livres, et des oeuvres d'art multiples, pour que s'impose LE Diable, terrifiant, Mal absolu dont les sorcières sont les complice.

L’image de la femme
Depuis l’Antiquité, la condition féminine n’est pas très reluisante dans l’ensemble du bassin méditerranéen. Le Moyen-âge est, quant à lui, un monde d’hommes. La vision de la femme diffusée par les clercs est d’une extrême misogynie : la femme, descendante d’Ève, est non seulement inférieure à l’homme, mais aussi sotte, lascive, traîtresse, dangereuse, répugnante.
Le XIVe siècle va voir une relative émancipation féminine, mais de courte durée. Tout d'abord, les femmes perdent les quelques droits acquis ou conservés au Moyen-âge : la politique royale les met sous tutelle du père, puis du mari. Elles perdent tout droit juridique, ne peuvent plus être maîtresses de leurs biens, et ne sont plus autorisées à signer de contrats.
Parallèlement, dans le Nord et l'Est de l'Europe, des représentations de la femme de plus en plus négatives et monstrueuses apparaissent. Aux Pays-Bas et dans le Saint-Empire on peint de plus en plus de femmes à la laideur repoussante, aux corps difformes, à la vieillesse dépeinte comme une déchéance, préfigurant la mort et la pourriture, alors que la représentation de la vieillesse chez l'homme reste le plus souvent associée à la sagesse. Et lorsqu’on représente une fille jeune et belle, c’est pour souligner sa lubricité et sa frivolité, qui la rendent vulnérable au démon. On dépeint de plus en plus la femme comme menteuse, dépensière, coquette, frivole, et on l'identifie de plus en plus au thème du pêché.
Madeleine Lazard, dans "Les avenues de Feminye", explique le phénomène :
"Il n'est pas surprenant que la littérature et les arts aient reflété le dégoût et la peur, face au vieillissement et à la déchéance (…) Selon de récentes études historiques, on pourrait y voir la manifestation d'une mutation démographique : alors que, de l'antiquité jusqu'au XVIe siècle, les femmes mouraient plus jeunes que les hommes et que les vieillards mâles étaient de loin les plus nombreux, c'est l'inverse qui se produit au XVIe siècle, au moins dans les milieux aristocratiques, où les conditions d"hygiène lors des accouchements s'améliorent."

Les prêcheurs
A ce monde en pleine mutation, la société réagit par une peur profonde : peur de la maladie, de la mort, du Diable, de Dieu, de l'autre, de soi-même. Cette peur et ce pessimisme, apparus à la fin du Moyen-âge, culminent à la fin du XVIe siècle. D'autre part, dès la fin du XVe, une folie de pureté est apparue. Les prédicateurs insistent sur le fait que le mal est partout, et en particulier chez les femmes, et prêchent la plus extrême sévérité. Ils appellent à la purification, le cas échéant par les flammes, avant l'Apocalypse, imminente selon eux.
Durant la deuxième moitié du XVIe siècle, l'art, la littérature, la pensée en général s'orientent vers une vision désespérée de l'existence, et se caractérisent par un goût pour le macabre, le morbide, l'horreur, et l'expression de la souffrance. Mais ces récits sont encadrés par une morale édifiante, insistant sur le danger à transgresser les interdits, et notamment les interdits sexuels. Il s'agit de mettre en place une morale bien plus stricte que celle du Moyen-âge.

L'évolution de l'image de la sorcière
Sorcellerie, sorcières et sorciers existent depuis l'Antiquité, et sans doute depuis l'aube de l'humanité. Durant le Moyen-âge, rebouteux, devins, herboristes, sorciers et sorcières faisaient partie intégrante du village. D'ailleurs, les gens de l'époque ne voyaient aucune contradiction entre ce type de croyances et le christianisme. Par ses conseils et son savoir, la sorcière rassurait la population et occupait une place importante dans la société, ce qui avait pour effet de réduire l'influence des prêtres sur leurs ouailles. Par son rôle de sage femme, elle remplaçait les médecins coûteux et rares à la campagne. De plus, ce sont les femmes qui transmettaient les croyances païennes, les superstitions et la culture populaire en enseignant les rudiments de l'écriture à leurs enfants. 
Ce vieil équilibre va se briser au XVIe siècle. L'Église, les démonologues et les élites sociales en général créent un mythe nouveau, celui de la sorcière démoniaque. Cette nouvelle vision de la sorcellerie trouve racine dans les luttes contre les hérésies du XIVe siècle. Dès 1430, paraissent les premiers traités de démonologie, selon lesquels sorciers et sorcières font partie d'une secte diabolique. En 1484, le pape Innocent VIII publie la bulle connue sous le nom de "Summis desirantes affectibus" :
"…maintes personnes de l'un et l'autre sexe, oublieuses de leur propre salut, et déviant de la foi catholique, se sont livrées elles-mêmes aux démons incubes et succubes : par des incantations, des charmes, des conjurations, d'autres infamies superstitieuses et des excès magiques, elles font dépérir, s'étouffer et s'éteindre la progéniture des femmes, les petits des animaux, les moissons de la terre, les raisins des vignes et les fruits des arbres..."
Le pape étend également le pouvoir de deux inquisiteurs, Institoris et Spenger. Ces deux hommes rédigent un nouveau manuel de démonologie, le fameux "Marteau des Sorcières", manuel pratique à l'usage des chasseurs de sorcières, qui redéfinit la sorcellerie comme un crime si grand que le châtiment se doit d'être aussi exemplaire que sans pitié.
Les manuels de démonologie ont une importance décisive dans la chasse aux sorcières : véritables délires, mais aussi textes de propagande, ils créent le mythe du sabbat, fixent le portrait robot de la sorcière, et cristallisent toutes les peurs de l'époque en une véritable psychose. Dans ces manuels, démons et sorciers infestent le monde, ont d'immenses pouvoirs et commettent d'immenses crimes, organisés en un complot contre Dieu et la religion. La sexualité est leur arme favorite, et la femme leur complice prédestinée par sa nature même. En effet, selon eux, la femme est un être imparfait par essence :
"Il y a comme un défaut dans la formation de la première femme, puisqu’elle a été faite d’une côte courbe, c’est à dire d’une côte de la poitrine, tordue et comme opposée à l’homme. Il en découle aussi de ce défaut que, comme un vivant imparfait, elle déçoit toujours". De plus, "toutes ces choses (de sorcellerie) proviennent de la passion charnelle, qui est (en ces femmes) insatiable".

La Réforme et la Contre-réforme
La Réforme, la Contre-réforme et l'ensemble des troubles religieux qui déchirent le XVIe siècle jouent évidemment leur rôle dans la chasse aux sorcières. Lorsqu'en 1517 Luther lance sa Réforme à l'assaut du monde Chrétien, il ne se préoccupe guère des sorcières. Il a d'autres ennemis, les catholiques, les Juifs, les Turcs, les Anabaptistes et surtout Satan. Plus problématique, Luther prône un retour rigoriste à la Bible. Or, on trouve dans l'Ancien Testament des phrases qui autorisent le meurtre des incroyants, en particulier ce passage de l'Exode : "Tu ne laisseras pas vivre la magicienne."
Les catholiques réagissent en rivalisant d'intolérance, de sévérité, et de cruauté. La Contre-réforme durcit le dogme catholique, elle réaffirme tous les points de doctrine contestés par les protestants, et voue aux flammes éternelles tous ceux qui n'y souscrivent pas.
Protestants et catholiques ont cependant de nombreux points communs. Tout d'abord l'austérité, la haine de tout ce qui relève de près ou de loin de la distraction, du plaisir, de l'imaginaire. Le corps est haïssable, ainsi que tout ce qui relève de la nature. La répression de la sexualité s'accentue. Enfin, protestants et catholiques sont d'accord sur un point : la femme est dangereuse, elle doit être surveillée, confinée à la maison, sous le pouvoir de l'homme. On surveille la mode, on condamne les décolletés, on couvre les seins, mais aussi les chevilles, les bras, les cheveux.
La Contre-réforme répand la peur, visant un contrôle de plus en plus strict du peuple et l'éradication de toute trace de paganisme et autres diableries. Certes, il y a des résistances, mais le courant majoritaire, à partir de la seconde moitié du XVIe, est nettement à l'intégrisme et à la haine.
Le peuple, quant à lui, se débat avec ses propres problèmes : mutations sociales et économiques, insécurité croissante, épidémies, épizooties, terrible dégradation du temps à partir de 1550, mort omniprésente. Ainsi, la sorcière se retrouve-t-elle prise en tenaille entre les terreurs religieuses des élites, qui voient en elle une adoratrice du démon, et la violence populaire, qui l'accuse de tous les maux.

Le mythe du sabbat démoniaque
Ce mythe met longtemps à se répandre, et ne connaît sa forme définitive qu'à la fin du XVIe siècle. Parmi les variantes, on peut retenir l'heure et la date du sabbat, qui semble en fait se produire n'importe quel jour selon la région, et parfois même en plein midi. On confesse s'y rendre à pied, à cheval, juché sur une fourche, un bâton ou sur un balai, bien sûr. On dit également chevaucher des animaux, pour se rendre au sabbat: cochons, boeufs, ânes. Ou encore se transformer en animal. Enfin, parfois, c'est le Diable qui les emporte.
Une fois chacun arrivé, après un hommage au maître (un baiser sur ses "parties honteuses"), peut se dérouler la messe noire. Cette dernière n'est rien d'autre qu'une messe catholique inversée : tout ce qui est blanc ou de couleur claire devient noir, au moment de la communion, on mange et on boit des choses de couleur sombre, on utilise des mots de latin prononcés à l'envers. Quant à l'eau bénite, elle est remplacée par l'urine du diable. Enfin, arrive le temps des réjouissances : tout d'abord, la danse lascive, lubrique, endiablée, accompagnée par un orchestre ou de modestes tambourins. Puis vient le banquet, où l’on sert des mets peu ragoûtants, charognes en décomposition, bave de crapaud ou anguilles. Parmi ces mets, il en est un qui résume toutes les terreurs attachées au sabbat : la chair humaine, et en particulier celle d'enfants et de bébés. A la fin du sabbat, vient une "confession à l'envers", où l'on est puni si l'on n'a pas commis assez de péchés, et qui se solde par un baiser sur le postérieur du diable. Enfin, vient l'orgie générale. Cette orgie est encore le lieu de la transgression des tabous de l'époque : on s'y livre avec frénésie, dans toutes les positions interdites par la morale. Pour finir, les sorcières s'accouplent avec le Diable en personne. De ces amours naissent parfois des enfants morts-nés, que l'on servira au prochain sabbat.

Le déroulement des procès
Tout commence par la rumeur et la mauvaise réputation : unetelle a été vue la nuit loin du village, unetelle est mauvaise, unetelle ramasse des herbes. Les langues vont bon train, les imaginations se déchaînent. Puis, vient l'élément déclencheur : une mort inexpliquée, la grêle qui détruit la récolte, un orage violent, un animal naissant anormal, à une époque ou toute malformation est considérée comme châtiment divin ou malignité du Diable. On se tourne alors vers celle sur qui la rumeur court.
Tout, dans les procès de sorcellerie, condamne d'avance l'accusée. Une fois arrêtée, la supposée sorcière est conduite en prison où on lui rase le corps et on l'habille d'une chemise baptisée à l'eau bénite. Au début, il n'y a pas de violence, mais la détention affaiblit la prévenue : ses rations d'eau sont rares, la nourriture encore plus. L'accusée est isolée dans son cachot, ignorant de quoi on l'accuse. D'origine rurale, la plupart des accusées ne savent pas qu'elles ont droit à un avocat, et de toute façon, les autorités découragent fortement tout candidat à la défense des sorcières.
Les procès se déroulent généralement de la façon suivante : le témoin confirme qu'il connaît bien l'accusée et que cette dernière à une réputation de sorcière. Ensuite, il énumère les dommages causés : pertes d'animaux, mauvaises récoltes, maladie ou mort d’un membre de la communauté.
Après les témoignages, on passe à l'interrogatoire. Au début, le juge fait preuve d'une relative douceur, pour mettre l'accusée en confiance. Cependant, les questions dont on la presse sont autant de pièges destinés à la perdre. Après l'interrogatoire, on s'occupe de chercher des preuves. Selon l'endroit et l'époque, les méthodes varient. A la campagne, on s'en tient souvent aux méthodes traditionnelles, qui ont fait leurs preuves et ne coûtent pas cher.
Ce sera par exemple la méthode de la nage, où on ligote les mains et les pieds de l'accusée, puis on jette son corps dans l'eau. Si elle coule et se noie, elle est innocente ; si elle flotte, elle est l'enfant du démon. Le pesage consiste à peser la sorcière en utilisant comme poids la Bible ou d'autres objets. Si elle est plus lourde ou plus légère, elle est déclarée coupable. L'estrapade consiste à nouer les bras de la victime derrière son dos, suspendre des poids à ses pieds, puis la hisser brutalement en l'air plusieurs fois de suite, jusqu'à ce qu'elle avoue ou meure, les bras désarticulés.
En ville, on pratique peu ces méthodes, on souhaite se montrer moderne, scientifique, et on préfère chercher la marque diabolique. Cette marque peut être n'importe quelle particularité physique, une tache de naissance, une verrue, une cicatrice. Pour la trouver, on dénude la sorcière, on la rase complètement, et l'on convie des professionnels, médecins, chirurgiens, barbiers ou bourreaux à venir l'examiner sous toutes ses coutures. Par le piquage, les chasseurs de sorcières recherchent sur le corps de l'accusée la marque du Diable réputée insensible à la douleur : cette pratique consiste à trouver des zones insensibles sur le corps, en le piquant sur chaque centimètre carré de leur peau. Certains inquisiteurs désireux de trouver des victimes à tous prix, vont jusqu'à se servir d'aiguillons rétractables : quand on presse, la lame glisse dans le manche et l'absence de réaction de la sorcière devient la preuve de sa culpabilité.

L'exécution
Dénoncées, sans aucun moyen de défense face à leurs juges, torturées, la majorité (90 à 95%) des accusées sont condamnées. L'exécution est un spectacle, la foule y participe : on crie, on hurle, on insulte le condamné, on se réjouit de ses souffrances. La cérémonie a lieu au centre ville, sur la place du village.
Contrairement à ce que l'on croit généralement, la majorité des sorcières ne périssent pas par le feu. Beaucoup sont pendues, d'autres étranglées avant que leur corps ne soit livré aux flammes. Si l'on ne brûle pas les condamnés, ce n'est pas pour des raisons humanitaires, mais parce que ce n'est pas pratique. Brûler un corps est difficile, long, il faut beaucoup de bois. Or, ce sont les bourreaux qui doivent fournir le bois. Mais il faut aussi que le public soit content, que le supplice soit bien visible, que le supplicié souffre suffisamment. On va alors essayer d'inventer des moyens de mise à mort respectant les désirs du public et le porte-monnaie des bourreaux.
L'Espagne invente de placer les condamnés dans des moules de plâtre, et de les glisser vivants dans un four. Le degré de souffrance obtenu est satisfaisant, mais le public ne voit rien et il est déçu.
La Suisse et les Flandres inventent le système des claies, ou des grandes échelles. On y attache les sorcières, et on les approche du brasier, terrorisées, lorsque celui-ci a bien pris.
Ou alors, on étripe, on crucifie, on émascule, on enterre vif, on décapite. Puis, on brûle les restes, car il faut que tout disparaisse, la purification doit être totale. Les cendres des sorcières sont dispersées aux quatre vents.

La fin des persécutions
De 1580 à 1630 environ, la chasse aux sorcières atteint son paroxysme. Chaque séance de torture provoque des dizaines de dénonciations, qui provoquent autant d'arrestations. Ainsi, on en arrive parfois à ne plus avoir assez de juges pour juger les affaires de sorcellerie. Dès 1625, Paris cesse de confirmer les peines de mort décrétées par les juges de province, prenant ses distances avec ces affaires de plus en plus ennuyeuses. En 1657, le pape fait paraître la bulle "Proformandis", qui met en garde contre les erreurs et abus dans les procès de sorcellerie.
Les mentalités ont changé, l'époque est plus clémente, la vie plus douce. De plus en plus, un discours médical se fait jour par rapport à la sorcellerie. On pense en termes d'hallucinations, d'esprit dérangé. Enfin, en Juillet 1682, Louis XIV met fin aux poursuites, par un édit qui fait disparaître le crime de sorcellerie.


sources :
http://membres.lycos.fr/chassesorcieres/  
http://www.sheluna.com/histoire_chasse_tortures.php

Publié dans Mes Pensées Païennes

Commenter cet article