Extraits de "A Witch Alone"

Publié le par NightWind

de Marian Green
Traduction Lyoleth, Ligue Wiccane Eclectique

Dans la sorcellerie il n'y a pas "obligation de croire" à une Déesse Terre et un Dieu Soleil, mais celui qui vient librement et de sa propre volonté vers la Vieille Religion, découvrira, grâce à des révélations personnelles et à son expérience religieuse, que les pouvoirs infinis peuvent être entrevus et priés, et que leurs conseils, leur force, et leur pouvoir de guérison sont authentiques.

Les festivals saisonniers rythmant l'année qui s'écoule, représentent les vies de la Déesse et de son Fils/Amant. Ils apportent leurs énergies dans le cercle sacré et ainsi, celui qui les recherche peut communier avec eux. Il n'y a pas de dogme, juste un corpus de mythes et de légendes offert par le folklore, le paganisme originel, dans les chants et les poèmes, dans la danse et le mime, dans les contes et les coutumes calendaires à demi oubliées ou les foires traditionnelles.

Dans les temps anciens, quand pratiquement tout le monde travaillait la terre ou avait des métiers et des compétences reliés aux produits naturels ; une suite d'événements saisonniers ponctuait l'année avec des fêtes et des festivals, des rassemblements et des partages. Dans chaque village il y avait des artisans dont le savoir se transmettait de génération en génération : le forgeron, le boulanger, le cordonnier et, probablement, le sage /l'herboriste/la sorcière. Tout comme le forgeron enseignait la magie de ses compétences avec les métaux à ses fils, la guérisseuse/sorcière enseignait à ses enfants, pour que l'ancienne connaissance soit transmise, en famille, aux hommes comme aux femmes.

Les Hommes Sages avaient leurs propres Mystères, leurs secrets de fabrication si vous voulez, comme les avaient les femmes, qui les aidaient à découvrir le bétail perdu, guérir les maladies humaines, animales ou de la terre, surveiller les amours et les haines de leur communauté, offrir de sages conseils ou des charmes et des potions, selon ce que le client demandait. Ils étaient les gardiens des chansons de la communauté, chantées depuis le temps des Celtes, des lignages de chaque personne, des ancêtres et des arts traditionnels. Ils connaissaient les herbes qui aident pour la maternité, ou qui empêchent la grossesse. Ils connaissaient les plantes qui apportent un sommeil paisible, ou la mort, ou des rêves de frénésie sauvage. Ils regardaient les cieux, et enregistraient, dans leur code oral, les naissances des enfants, les décès des anciens, les unions et les séparations des amants ; et leurs doigts étaient toujours sur le pouls de la vie du village, leurs yeux sombres derrières les interstices des volets, regardant leur petit monde exister. Parce qu'ils savaient ce qui était dans les coeurs de ceux qui venaient chercher des potions d'amour, de vengeance ou de chance, ils pouvaient troquer, prédire ou manipuler tous les dénouements de leur programme magiquement installé. Ils détenaient les secrets de la vie et de la mort, et étaient craints et respectés pour leur art, leurs compétences et leurs magies.

Et cette antique sagesse orale existe encore, cachée dans le monde isolé et secret de la Sorcellerie. Elle ne se trouve que rarement dans les livres, car la plupart des arts anciens sont rustiques, les charmes sont simples, les aptitudes sont intuitives au lieu d'être apprises de façon académique. Elle est rare également, dans les covens, car ces groupes modernes de sorcières sont dirigés par une Grande Prêtresse et un Grand Prêtre, dont les rituels réguliers ont souvent lieu dans une maison et non pas dehors au clair de lune, là où Mère Nature tient le monde sous son emprise. Les covens offrent l'amitié et le partage du culte, les activités régulières et l'initiation, pour ceux qui recherchent ce chemin. Mais ce n'est pas la seule voie. Beaucoup de livres excellents ont été écrits pour les sorcières de coven, expliquant leurs cérémonies, leurs degrés, leurs philosophies et leur mythologie, mais ce n'est qu'une face de la médaille.

L'histoire sociale est très discrète sur les vies, les convictions et les activités des petites gens. Les historiens ont regardé les rois et les évêques, et des dirigeants militaires ou des moines cloîtrés, enregistraient leur vision de l'histoire sur des parchemins. Personne ne s'est donné la peine de retranscrire la vie des paysans, ni les arts cachés du folklore, exercés pour servir la communauté. Les gens ne voyageaient jamais très loin de l'endroit où ils étaient nés, à moins que leur service au seigneur du château ne les oblige à assister à un combat, à un soulèvement, ou à aller travailler sur ses terres lointaines. Les quelques hommes libres, charpentiers itinérants, maçons et ecclésiastiques voyageant souvent sur de très longues distances, exerçant leur métier spécialisé, étaient assez rares, et ils gardaient bien leurs secrets.

Beaucoup, cependant, ont protégé et conservé la Vieille Religion partout où ils sont allés. Regardez dans une vieille église et vous trouverez probablement dans les chevrons, le Dieu Vert de Nature sous l'aspect d'un Homme Vert, ou la Déesse dans son aspect de cerf ou de lièvre ou de rose du monde. Ces anciennes images païennes ont passé quinze cent ans à observer, en dessous d’elles, les partisans d'une nouvelle foi, et pourtant elles n'ont pas perdu leur magie.

Certains endroits sauvages ont conservé une puissante aura : les sommets des hautes collines hautes isolées, les sources sacrées dans les bosquets obscurs, les cavernes profondes, et les anciens cercles de pierres dansantes, sacrées pour nos ancêtres oubliés, marqués dans leurs cartes spirituelles; cartes que nous pourrons relire en éveillant notre vision intérieure. Ce sont des endroits protégés, des frontières entre la terre et l'eau, entre l'air et la terre, entre ce monde et celui du Royaume de la magie, dissimulé seulement par un voile de rêve.

Allez dans ces endroits seul, dans un esprit d'aventure et en ressentant leur atmosphère, et voyez s'il n'y a rien d'autre. Sentez l'énergie de l'endroit, silencieusement, dans votre tête. Demandez à la Divinité Gardienne du lieu sacré de venir à vous et asseyez-vous quelques minutes en silence, détendu, les yeux fermés. Ecoutez attentivement le pas de la Déesse sur la terre de cet autre monde, sentez le frôlement de son voile soyeux, la chaleur de son souffle, comme une brise sur votre joue. Sentez l'arrivée du Seigneur des Animaux Sauvages, le pas lourd d'un cerf ou d'un taureau, le crissement d'une peau poilue sur l'écorce rugueuse d'un arbre.

Ils ne vous feront aucun mal, mais vous accueilleront au seuil de leur royaume. Ils vous béniront et vous montreront qu'il existe d'autres chemins de foi, des dieux plus anciens, plus immanents. Ils ne vous contraindront ni ne vous menaceront, et ne condamneront pas les autres chemins, dans lesquels, nous les humains, marchons en quête individuelle d'une compréhension religieuse et d'une philosophie de vie.

Si votre rêve est de marcher sans entraves à la recherche de votre être véritable, de trouver une façon de vivre en harmonie avec la Terre et toute la Nature, de découvrir l'équilibre entre vos propres besoins et ceux de la planète entière et de ceux qui la partagent avec vous, peut-être que cette voie est ici. Elle n'est pas pour tout le monde. Elle ne peut être un caprice momentané, une distraction ou un passe-temps en attendant que quelque chose de plus excitant arrive.

C'est un voyage difficile, d’abord dans les replis les plus profonds et les plus sombres de votre coeur, là où tous vos échecs, vos cruautés, votre égoïsme et vos blessures, gisent à découvert, comme le trésor d'un dragon caché. Ce sont des trésors de l'expérience, grâce auxquels vous devrez choisir votre voie, en cherchant les précieux joyaux, les vestiges sacrés, parts oubliées ou abandonnées de vous-mêmes, de vos ambitions d'enfance ; ce sont-là des capacités et des compétences estimées par toute sorcière.

Aviez-vous l'habitude de pouvoir voler dans vos rêves ? Vos ailes sont ici. Pouviez-vous juger les personnages et leurs raisons d’agir, même quand vous étiez trop jeune pour connaître les mots décrivant ces vérités ? Ces mots et votre perspicacité sont également ici. Ici se trouvent les désirs de guérison, de bien faire, de voir le visage des fées, de chevaucher la licorne ou le serpent brillant, de rencontrer les héros, les rois et les reines des mythes anciens. Ici vous trouverez votre Graal.

Publié dans Textes d'Auteurs

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