La Triple Déesse

Publié le par NightWind

Comprendre le concept de la Déesse nécessite davantage que la capacité de visualiser Dieu comme une femme. Le concept de la Déesse est construit autour du mythe et du mystère de la relation entre le Dieu et la Déesse, et au-delà, de son aspect triple : Vierge, Mère et Vieille Femme.
L’une des plus anciennes formes reconnues de la Déesse est la Déesse grecque primordiale - Gaia, la Terre Mère; la Matrice universelle; Mère de tout. Les plus anciennes Déesses étaient le plus souvent des Déesses de la Terre et des Déesses Mères. Elles étaient vénérées et adorées en tant que porteuses de vie : grasses, saines, enceintes et fertiles. Au fur et à mesure que le concept de la Déesse se développa, vinrent les Déesses des récoltes, qui étaient aussi des Déesses de la Terre. Comprenez que c’était une époque où les gens ne comprenaient même pas la mécanique de base de la procréation. La vie était très sacrée et mystique !
Graduellement, le mythe et le mystère se développèrent et se révélèrent, créant la légende que nous honorons dans la Wicca moderne.
Nous reconnaissons la Déesse comme Mère de tout, y compris son puissant consort, le Dieu.  Pour Elle, il est l’amant et le fils, et ensemble ils forment l’absolu, le grand Tout, le Dragon, le Mystère.
Tout bien considéré c’est un concept un peu ardu. Tout particulièrement dans nos sociétés où cela semble un peu incestueux. D’un point de vue prosaïque, c’est encore pire dans la Roue de l’Année, lorsque le Roi Chêne et le Roi Houx se battent, rivaux éternels et partenaires de sacrifice.

D’abord et avant tout, la Déesse est le symbole du Cycle de l’Eternité. Elle est constante, toujours présente, toujours changeante, et pourtant toujours la même. Elle pourrait être comparée aux océans, pour ces raisons.
Elle est ce dont nous venons, et où nous retournons. Elle est la Mère Universelle, la Matrice Cosmique. Bien que ce soient là des images largement symboliques, il est important de les garder en tête lorsqu’on considère les aspects de la Déesse. Elle ne fait jamais de mal, elle est Mère.
L’une des idées préconçues les plus difficiles à écarter pour un étudiant est la différence entre "sombre et clair" et "mauvais et bon". Dans nos sociétés, et souvent dans les religions, on nous entraîne à voir le mauvais et le sombre comme étant la même chose. Par conséquent, nous sommes aussi amenés à détester et à craindre notre propre mortalité. Bien trop souvent, on voit des Wiccans pratiquants, qui devraient pourtant savoir, retomber dans ces à-prioris lorsqu’ils essaient d’expliquer ou de comprendre un concept.
La Déesse est sombre, elle est claire, elle est naissance, elle est mort, et elle se réjouit de toutes ces choses. Avec la mort vient la joie, car avec la mort vient le renouvellement. Avec la vie vient la joie, car avec la vie vient la promesse. Avec la croissance vient la joie, car avec la croissance vient la sagesse. La tristesse et la crainte ne font pas partie d’elle, pas de la façon dont nous ressentons ces émotions. Elle est incapable de tristesse sans joie, elle ne craint rien, car la crainte n’est pas réelle, c’est une création de l’esprit.
Que vous voyiez la Déesse comme Reine Guerrière ou comme la Gentille Sorcière du Nord dans le Magicien d’Oz, elle est la Déesse.  Et elle a de nombreuses facettes et de nombreux rôles qui défient la compréhension en tant qu’Une. Elle EST simplement, et ainsi, peut être tout ce dont vous avez besoin pour établir un lien avec elle. Mais rien de tout cela ne change ce qu’elle EST.


La jeunesse, la nouveauté, l’innocence et la beauté sont des facettes fondamentales de l’aspect de la Vierge. Mais au-delà de ceux-ci on trouve aussi la recherche, l’amour, et l’amour de la rechercher. Il y a davantage à appréhender cependant. L’enchantement ne se termine pas en même temps que la virginité, c’est simplement le début du Mystère de la Vie, car c’est là, par dessus tout, que réside l’essence de la Déesse.
Dans le Cercle, la Vierge prend  place à l’Est. En examinant la signification de cette place, on apprend davantage sur l’aspect de la Vierge. L’Est (l’Air) gouverne l’esprit libre et l’intellect. C’est là que l’on cherche la capacité d’apprendre et de s’ouvrir spirituellement, d’ouvrir son esprit et de trouver des réponses. C’est une direction essentiellement masculine, gouvernée par l’intellect, et la logique analytique, mais la Vierge y amène l’intuition nécessaire pour utiliser ces qualités au mieux.

Alors que la Terre-Mère, et la Déesse de façon générale, sont placées au Nord, l’aspect de la Mère trouve sa place à l’ouest. Le réconfort et l’amour y règnent. Les émotions, la tristesse, la joie, les larmes, appartiennent à la plénitude de la Mère. Attentionnée et aimante envers tous ses enfants, les regardant lutter pour atteindre leurs buts, sachant parfaitement qu’elle pourrait intervenir et les aider, mais étant à la fois contrainte à et désireuse de les laisser agir seuls.
L’aspect de la Mère est la maturité, elle est fertile, à la fois de ses enfants et de ses fruits. Elle représente l’émotion et la sexualité. Il est intéressant de noter que de nombreuses cultures anciennes pratiquaient la magie sexuelle en s’ébattant dans les champs pour faire pousser les cultures.

La Mère Sombre intervient aussi à cet endroit, bien que culturellement, j’ai davantage tendance à associer la Mère Sombre avec la Vieille Femme. C’est un peu laborieux de visualiser la Mère Sombre à l’Ouest, de la séparer de la Vieille Femme, mais cela a certains avantages.
L’aspect de la Vieille Femme est pour moi l’aspect le plus fascinant. En partie, je suppose, parce qu’elle est la plus mystérieuse et la plus paradoxale.
Avec la vie et la croissance viennent l’âge et la sagesse, et la Vieille Femme représente ceci en partie. Elle détient le feu et le pouvoir qui, utilisés sagement; peuvent être très bénéfiques, mais qui sont un grand danger pour les inconscients. Les secrets de la mort et de la vie lui appartiennent, et le mystère au-delà du mystère.
La Vieille Femme, aussi sage soit-elle, est encore capable de se rappeler les joies innocentes et les passions de la Vierge, et la chaleur et l’amour de la Mère. Etre Vieille Femme et ne pas avoir oublié, être encore capable de ressentir la Vierge et la Mère en soi, me semble particulièrement attractif. La Vieille Femme est l’aspect de la Déesse qui est le moins en parallèle avec notre société moderne. Nous éloignons nos anciens, sans comprendre leur valeur en tant que professeurs et modèles, et en craignant leur apparence qui nous rappelle notre propre mortalité.

Si les aspects individuels de la Triple Déesse sont certes des concepts valides et des voies vers la connaissance de la Déesse, la plupart des Déesses mythologiques sont des composites, comprenant généralement un aspect opératif et un aspect récessif. Par exemple, Athéna est une Déesse Vierge possédant des attributs de Vieille Femme, Aphrodite est une Déesse Vierge avec des attributs de Mère, etc…
Personnellement, je ne “crois” pas en la réalité des déesses mythologiques telles qu’elles étaient présentées, mais je crois qu’elles constituent une manière valable d’établir la communication avec la Déesse. Je crois aussi que la Déesse apparaît sous la forme que nous sommes plus aptes à accepter. La véritable Déesse, telle que je la conçois, est une entité au delà de ma capacité de compréhension, très certainement différente de tout ce que je pourrais imaginer. Toutefois, les représentations mythologiques me sont très utiles dans ma pratique magique, et quelques-unes également dans ma relation personnelle avec la Déesse.



traduit et adapté d'un article de Wicca Chat

Publié dans Bases de la Wicca

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