Les sphères du Diquís

Publié le par NightWind

En 1940, l'United Fruit Company défrichait les marais et les bois au pied de la Cordillera Brunquera, dans le territoire du Rio Diquís, sur la côte pacifique du Costa Rica. A cette occasion l'archéologue Doris Z. Stone découvrit de nombreuses boules sphériques artificielles. Elle rédigea un rapport détaillé se terminant par cette constatation suivante : "Nous devons classer les boules parfaites du Costa Rica parmi les énigmes mégalithiques indéchiffrables."


Certaines ont été découvertes en groupes (jusqu'à 20 sphères groupées), et souvent elles dessinaient des formes géométriques : triangles, rectangles ou lignes droites. Certains de ces alignements pointent vers le nord magnétique.
De nombreuses sphères ont été trouvées dans le delta du Diquís, mais également à d'autres endroits : les villes de Palmar Sur, Buenos Aires et Golfito ainsi que la province de Guanacaste. 

Les proportions des sphères sont très souvent exagérées, la plus grosse sphère connue mesure environ 2,15 m de diamètre et son poids est estimé à 16 tonnes. Mais la grande majorité des sphères découvertes (plus de 300) ne dépasse pas un mètre de diamètre.
 



L’irrégularité de la surface des sphères dépasse largement les 2 millimètres d’écart maximum qui sont toujours annoncés. La régularité du diamètre varie en réalité de 2,5 cm à 5 cm. D'après les mesures au laser effectuées par les chercheurs de l'Université de Pennsylvanie, les sphères sont parfaites à 96%.
 


La surface des sphères est toujours très endommagée. Les siècles d’usure, d’érosion, les manipulations, les transports, entre autres, ont participé soit à l’accentuation du polissage des pierres, soit à l’inverse à la dégradation de leurs surfaces. Peu après leur découverte, beaucoup ont été dynamitées par des chasseurs de trésor croyant trouver de l’or à l’intérieur.



L’âge des pierres
Les premiers écrits de l’histoire du Costa Rica apparaissent avec l’arrivée de Christophe Colomb lors de son quatrième voyage vers 1502, il n’y a donc pas de référence écrite. De même l’utilisation du carbone 14 n’est valable que sur les éléments organiques, donc pas de datation possible des pierres elles-mêmes.
 



C’est l’environnement immédiat des sites encore enfouis, par la stratigraphie, qui va révéler la présence de poteries, divers objets et constructions. Ces éléments typiques des cultures précolombiennes du Costa Rica méridional permettent une estimation de la période de fabrication de – 200 à 800 de notre ère, pouvant se prolonger sans doute jusqu’au 16éme siècle.
 



La réelle difficulté de datation des sphères réside dans le fait qu'elles ont bien souvent été déplacées dès leur découverte, effaçant de précieuses informations archéologiques.



Bien que quelques-unes soient composées de coquina, un type de calcaire, la plupart des sphères sont en granodiorite, une roche magmatique. La provenance de la coulée volcanique à l’origine des pierres a été localisée dans la cordillère de Talamanca, dans le lit de la rivière Térraba (delta du Diquis, au sud du Costa Rica), soit environ 80 km du secteur où beaucoup de sphères ont été trouvées : la région de Palmar.



Rien d’extraordinaire dans leur déplacement, si ce n’est la patience et l’énergie déployées, et cela, vraisemblablement sur plusieurs générations.
Sur ce même site l’archéologue Ifigenia Quintanilla a trouvé des pierres qui peuvent être des sphères inachevées, ce qui a suggéré la méthode de fabrication sur laquelle s’accordent les archéologues:
Lorsque la granodiorite est soumise à des variations thermiques rapides et répétées, la couche de surface se détache. Un feu intense et de l’eau froide suffisent à esquisser une forme sphérique, qui peut être alors martelée, meulée ou polie avec des outils rudimentaires. Pour James Randi, les sphères du Costa Rica sont même totalement naturelles. Déjà partiellement sphériques lorsqu'elles sont issues du volcan, elles seraient le résultat de processus géophysiques.
 



La signification et l’usage des sphères restent un mystère.
A l’exception de quelques sphères localisées sur l'île du Caño, la majorité est trop loin de l’océan pour avoir eu une quelconque utilité à la navigation.
Ces sphères étaient-elles des objets de culte, une représentation de la sphère céleste ? Des bornes géographique, des signes distinctif d‘un statut social symbole de puissance, des marques ethniques. Leur fabrication était-elle ritualisée ?
 



La dernière étude des sphères est celle de l’archéologue Ifigenia Quintanilla en 1999. Elle s’oriente vers une combinaison de ses diverses hypothèses.

Publié dans Les Enigmes

Commenter cet article