Rennes le Château 1

Publié le par NightWind

Rennes-le-Château est un petit village, d'une centaine d'habitants, des cultivateurs et des éleveurs principalement. Pourtant, ce petit village perché en haut de la colline a été, sous le nom de Rhedae, le chef-lieu du Razès, un comté hérité de l'époque wisigothique.
Par contre, lors de la croisade des Albigeois (XIIIe siècle), on signale la prise de deux châteaux alentours (Le Bézu et Coustaussa), mais rien sur Rhedae. La ville semble donc ne plus avoir d'importance stratégique dès cette époque. Au XIVe siècle, elle est attaquée et ses derniers  remparts ruinés.

L'histoire de Rennes-le-Château et de sa région, depuis des temps reculés, relate des légendes tenaces de trésors : or du Diable, de faux monnayeurs, de Wisigoths en fuite, ou de Reines blanches, voire de berger égaré, les histoires vont déjà bon train avant même l'arrivée de notre curé.


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François Bérenger Saunière, aussi appelé l'abbé Saunière est né le 11 avril 1852 et mort le 22 janvier 1917.

Né à Montazels, dans l'Aude (tout près de Rennes-le-Château), aîné d'une famille nombreuse et modeste, Bérenger devient prêtre et est ordonné en 1879. Après quelques affectations successives dans son département, il est affecté comme curé de Rennes-le-château en 1885. Dès son arrivée au village, il est choqué par l'état de délabrement de l'église.

L'année 1886 est une date à retenir, car c'est l'année que choisit l'abbé Boudet, curé de Rennes-les-Bains, pour publier un mystérieux livre apparemment codé : "La vraie langue celtique et le Cromleck de Rennes-les-Bains", dont le décryptage permettrait de découvrir un monument celtique et le secret s'y rattachant. Selon toute vraisemblance, les deux curés se connaissaient. Peut-être partageaient-ils le même secret ? Quoi qu'il en soit, c'est à partir de là que commence réellement la fabuleuse histoire de Rennes-le-Château .

En 1891, Saunière entreprend des travaux dans l'église avec de l'argent prêté par la mairie. Lors de l'enlèvement de l'ancien autel, deux maçons mettent à jour un ou plusieurs parchemins ainsi que de petits ossements. Puis ils font une autre découverte importante : une "ouille" remplis d'objets brillants. A côté se trouve un crâne portant une entaille rituelle. Les maçons essaient d'en savoir plus sur ces objets, mais l'abbé affirme qu'il ne s'agit que de simples reliques et médailles de Lourdes sans aucune valeur.

Le 21 septembre 1891, alors que les maçons préparent l'installation de la chaire et procèdent à l'enlèvement de l'ancien carrelage, une incroyable découverte est faite dans l'église. Dans son cahier-journal Saunière note : "21- lettre de Granes. Découverte d'un tombeau".
L'entrée de ce tombeau était dissimulée sous une dalle, dont la face posée contre terre est sculptée. Cette dalle, appelée "Dalle des Chevaliers", présente sur sa face cachée d'étranges sculptures de cavaliers, apparemment très anciennes. Bérenger Saunière fait arrêter les travaux sur-le-champ et remplace les ouvriers qui étaient présents ce jour-là par des nouveaux. Apparemment il ne voulait pas que cette importante découverte s'ébruite… Les travaux ne reprendront que le 14 octobre !

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L'attitude de l'abbé paraît de plus en plus étrange aux villageois. La fille des Dénarnaud, Marie, devient à cette époque la servante de l'abbé Saunière, et ils vont ensemble faire des fouilles nocturnes dans l'église et le cimetière. Les tombes sont bouleversées.
Saunière fait disparaître la dalle funéraire de Marie de Nègre d'Ables, la marquise de Blanchefort. Cette dalle comportait de nombreuses anomalies et aurait été réalisée par un prédécesseur, l'abbé Bigou. Finalement, le Conseil Municipal déposera une plainte auprès du préfet concernant le bouleversement des tombes et l'abbé sera contraint d'arrêter ses agissements.

Dès lors, les villageois voient Saunière voyager et s'absenter du village de plus en plus souvent, et pour plusieurs jours, muni d'une valise qu'il porte à dos d'âne. Selon la rumeur il se serait rendu à Paris où il aurait rencontré les plus grands occultistes de l'époque, comme Jules Bois, Papus, Emile Hoffet, Claude Debussy ou encore Stanislas de Gaïta et Oscar Wilde.
On lui prête même une liaison avec une célèbre cantatrice Emma Calvé. Ses petits voyages étaient semble-t-il, destinés à monnayer ses découvertes, car à partir de 1892, il dépense sans compter.

Fin 1891, début 1892, Saunière entreprend la construction, derrière la sacristie, d'une pièce secrète dont il dissimulera l’entrée en 1894 par un placard à fond truqué. Qu'avait-il à cacher ?
Plus étrange encore, le curé de Rennes, qui vivait jusque-là dans la pauvreté, se met à faire de folles dépenses dans son église qu'il rénove désormais à ses frais. Le style est surprenant, voire choquant : outre les peintures de couleur vive, de somptueux vitraux sont mis en place et de nombreuses statues, dont la plus énigmatique reste celle d’Asmodée qui soutient le bénitier. Le visiteur sera surpris de voir, à l'entrée de ce lieu saint, le diable surmonté de quatre anges décortiquant le signe de la croix. Quoi qu’il en soit, la rénovation est achevée en 1897.


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Dès la fin 1898 l'abbé Saunière achète des parcelles de terrain au nom de sa servante Marie. De 1901 à 1905 seront construites la villa Béthania et la tour Magdala. Cette petite tour, aujourd'hui visitable, abrite sa bibliothèque. Dans sa villa, il accueille et loge des invités de marque qui viennent de très loin, mais dont l'identité reste obscure. Saunière lui, continue à vivre dans son presbytère.

En 1906 il fait construire un chemin de ronde et un belvédère, ainsi qu'une orangerie et même une ménagerie. Cette année- là il rédige son testament dans lequel il fait de Marie sa légataire universelle, déshéritant sa famille au profit de sa servante.

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C'est vers 1909 que les nuages commencent à s'amonceler au dessus de la tête de Bérenger Saunière. Mgr de Beauséjour commence à s'intéresser à l'origine de la fortune de l'abbé, et finit par lui intenter un procès pour trafic de messes. A l'époque, un curé peut dire des messes contre rétribution, messes que des fidèles adressent généralement à la mémoire d'un être cher. On l'accuse d'en avoir sollicité un maximum, ce qui est vrai, et de ne pas les avoir dites, ce qui est moins sûr.

L'évêque le nomme à la cure de Coustouge, afin de l'éloigner de Rennes-le-Château, mais Saunière refuse catégoriquement de quitter sa paroisse. Mgr de Beauséjour l'oblige ensuite à faire une retraite au monastère de Prouilhe. Toutefois Bérenger persiste à ne pas donner précisément l'origine de ses ressources. Il est alors déclaré "suspens a divinis". Le procès ne s'arrêtera qu'à sa mort. La fin de sa vie est très éprouvante et remplie d'inquiétude. Le 17 janvier 1917, il est foudroyé par une attaque cardiaque et décède le 22 janvier.

Ce que l'on retient de sa vie, c'est qu'il a vraiment dépensé beaucoup d'argent pour un "pauvre" curé de campagne, qu'il a aussi eu de drôles de fréquentations, et de drôles d'activités.
L'affaire, finalement, ne demandait pas mieux qu'à s'intégrer dans le folklore local, et à être oubliée. L'histoire du curé? Pour les gens du village, elle était claire: il avait trouvé un trésor dans l'église et il en avait profité. Mais l’affaire n’en restera pas là.

Après la guerre, un dénommé Noël Corbu rachète le domaine de l'abbé en viager à Marie Dénarnaud. Les Corbu s'installent avec Marie. Un jour, alors qu'elle discute avec eux, elle leur confie une bribe de secret. Elle leur dit qu'ils marchent sur de l'or sans le savoir et qu'avec ce que l'abbé a laissé, il y a de quoi faire vivre le village pendant cent ans et même plus. Elle leur promet de révéler son secret avant sa mort, mais hélas elle est emportée par une attaque cérébrale le 29 janvier 1953 à l'âge de 85 ans, emportant son secret dans sa tombe. De fil en aiguille arrivent les chercheurs de trésor : les fouilles commencent, hautes en couleurs, et elles iront bon train.

Un premier article est publié en 1956. Des bruits étranges, des documents étranges commencent à circuler. Des sociétés discrètes s'agitent dans l'ombre. Les fouilles continuent pourtant elles ont été interdites par arrêté municipal.

En 1965 Noël Corbu vend ses biens à Henri Buthion et quitte Rennes. Cette même année, un journaliste et écrivain, Gérard de Sède, prétend détenir les reproductions des parchemins découverts par Saunière. En 1967 il publie "l'Or de Rennes ou la Vie insolite de Bérenger Saunière, curé de Rennes-le-Château" qui a un succès incontestable. Gérard de Sède tente d’y prouver que Saunière avait découvert un secret fabuleux : celui de la survivance d'un rejeton du roi mérovingien Dagobert II.

Puis les livres s'enchaîneront, faisant tour à tour de Rennes-le-Château un haut lieu spirituel, sacré, mystique, un lieu de rencontres du troisième type. Diverses hypothèses ont été avancées pour expliquer la subite fortune de l’abbé Saunière. Pour rappel, on sait par ses comptes qu’il dépensa pour la période de 1897 à 1915 147 972 francs or.

Voici quelques-unes des possibilités qui auraient pu donner naissance à sa soudaine richesse.

- L’or des Wisigoths accompagné du trésor de Salomon. La Ménorah ou chandelier à sept branches en or, ferait partie de ce butin. L’Histoire aurait localisé ce trésor pour la dernière fois à Carcassonne, mais il aurait pu poursuivre sa route jusqu’à Rhedae, qui à cette époque était une ville hautement fortifiée (années 410).

- Le trésor de guerre de Dagobert en 650.

- Le trésor de Blanche de Castille en 1240. Ce trésor serait la rançon réclamée pour son fils St-Louis, qui avait été fait prisonnier par les Infidèles. Lorsqu’elle apprit sa mort, elle le dissimula.

- Le trésor des Cathares. En 1244 lors de la prise de Montségur, des Cathares se seraient sauvés en emportant avec eux leur Trésor.

- Le trésor des Templiers, 1293-1295. Un trésor appartenant aux Templiers aurait pu être caché dans la région, des commanderies de Templiers ayant existé aux alentours de Rennes.

- Le trésor de la Reine Blanche en 1352

- Le Saint Graal

- L’Arche d’Alliance qui aurait été ramenée de Jérusalem par les Templiers.

- un ou des documents de très grande conséquence pour l’Histoire. Certains pensent à l’acte de mariage de Jésus et de Marie-Madeleine, d’autres la preuve que Jésus ne serait pas mort sur la croix.

Plus d'une centaine de livres ont été écrits sur Rennes-le-Château. Dans "l'Enigme sacrée", d'Henri Lincoln, il est longuement question d'une énigmatique société secrète, le Prieuré de Sion.

De nos jours encore ce petit village fait parler de lui. Des fouilles officielles ont eu lieu à Rennes-le-Château, dirigées par une équipe d'américains de la fondation J. Méril de Californie avec à leur tête, le docteur Eisenman de l'université de Long Beach, l'un des plus grands spécialistes d'archéologie chrétienne. Aucun trésor ne fut découvert…
Un archéologue italien envoyé sur place par le Vatican a déclaré aux journaux "Il pourrait s'agir d'un document qui viendrait remettre en cause l'histoire de l'Eglise catholique".

Quoi qu'il en soit, trésor matériel ou spirituel, mythe ou réalité, l'abbé Saunière a fait de Rennes-le-Château un haut lieu de pèlerinage et a laissé son nom à la postérité.

Publié dans Les Enigmes

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