Gizeh

Publié le par NightWind

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L’origine du mot de pyramide est encore discutée entre les partisans d’une racine égyptienne hellénisée et ceux d’une origine purement grecque. Dans les textes égyptiens la pyramide est toujours désignée par le vocable mer.
Les pyramides sont des constructions nommées d’après leur forme et édifiées principalement en Égypte ancienne.

La pyramide égyptienne, «demeure d’éternité» du pharaon, recouvrait ou contenait son caveau et différentes salles, parfois décorées. Les grandes pyramides caractérisent l’Ancien Empire (2600-2180 av. J-C environ) ; la première est celle de Djoser (IIIe dynastie ; v. 2660 av. J-C) à Saqqarah, en forme de massif à degrés. Le passage de la pyramide primitive à degrés à la pyramide véritable s’effectua à l’avènement de Snéfrou, (IVe dynastie ; v. 2600 av. J-C). Au Moyen Empire (v. 2040-1780 av. J-C), les pyramides devinrent plus petites et la pyramide monumentale disparut au Nouvel Empire (1560-1070).
La pyramide réapparut au Soudan, sur les tombeaux des souverains du royaume local de Couch (v. 700 av. J-C -300 apr. J-C).

L’architecture religieuse de l’Inde et des pays voisins a fait appel à la pyramide à degrés, symbole de la montagne, séjour de la divinité.
Les populations de l’Amérique précolombienne ont bâti entre 1000 av. J-C et 1519, surtout en Amérique centrale et dans les Andes centrales, de nombreuses pyramides à degrés et à sommet plat ; elles servaient de soubassements à des temples, et comportaient des escaliers, éventuellement des niches ou un décor. Certaines étaient des tombeaux.
Parmi les plus grandes figurent les pyramides de Quetzalcóatl à Cholula, du Soleil à Teotihuacán (64 m de haut), au Mexique, et celles du Soleil et de la Lune dans la vallée de la Moche, au Pérou.

Les Pyramides de Gizeh.

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Plan de Gizeh

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a : Pyramide de Kheops ; b : pyramides des Reines ; c : cimetière ouest ;
d : cimetière est ; e : Restes du temple de la vallée de Kheops ;
f : Fosses des vaisseaux solaires ; f1 : Musée des vaisseaux solaires
g : Pyramide de Khephren ; h : Temple mortuaire de Khephren ;
i : Avenue ; j : Sphinx ; k : Temple de la Vallée de Khephren ;
l : temple du Sphinx; m : Monument de la reine Chentkaue ;
n : Pyramide de Mykérinos ; o : Temple mortuaire de Mykérinos ;
p : restes de l’avenue ; q : restes du temple de la vallée

L’ensemble des pyramides de Gizeh se dresse au bord du Nil, près du Caire. La plus petite (62 m) est celle du pharaon Mykérinos, Khephren (136 m) est au centre, et Kheops (137 m), appelée aussi Grande Pyramide, est à droite. Des pyramides plus petites et des temples complètent ce site.
La Grande Pyramide et les autres qui se dressent à proximité sur le plateau furent construites au cours de la période égyptienne dite de la IVe Dynastie, entre 2613 et 2494 avant notre ère.

Le premier à avoir étudié la pyramide fut l’historien grec Hérodote. Il se rendit à Gizeh, au Ve siècle avant notre ère, la pyramide avait alors déjà deux mille ans, et il décrivit la construction d’après ses entretiens, sur place, avec des Egyptiens. Il ne put pénétrer à l’intérieur car l’entrée était cachée.

Ce n’est qu’en l’an 820 qu’Al-Mamum trouva l’entrée de la pyramide. Après avoir pénétré la pyramide, lui et son équipe furent arrêtés par des blocs de granite. Ils percèrent les blocs voisins de calcaire plus tendre. Après avoir visité la pyramide, ils ne trouvèrent qu’un sarcophage vide dans la chambre du Roi. Ou bien ce sarcophage vide était tout ce que cette chambre n’eût jamais contenu, ou bien des voleurs l’avaient pillée depuis longtemps. Mais, s’ils s’étaient introduits aussi avant dans la pyramide, comment avaient-ils fait pour franchir les blocs de granite ?

La Grande Pyramide

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Enigmatique et majestueuse, la pyramide de Kheops surgit du plateau de Gizeh, à une quinzaine de kilomètres du Caire. La Grande Pyramide est un véritable prodige d’architecture, notamment par sa masse et par l’incroyable précision de ses proportions. Les chiffres ne peuvent donner qu’une faible idée de sa taille gigantesque : 5 ha de surface à la base, 2,5 millions de m². L’exposition des quatre faces correspond à l’orientation des quatre points cardinaux, avec 0.015 % de marge. Sa base forme un carré presque parfait, dont chaque côté mesure plus de 230 m. La différence qui existe entre le plus long et le côté le court n’est que de 25 cm. A quelques minutes près, les coins de la pyramide forment des angles droits quasi parfaits. (Angles : Nord-est 90° 3' 2" , Nord-ouest 89° 59' 58" , Sud-est 89° 56' 27" , Sud-ouest 90° 0' 33"). Ces prouesses techniques furent accomplies sans poulies, sans roue et sans les outils de taille suffisamment précis utilisés par d’actuels ingénieurs du bâtiment.

Mesures diverses

Hauteur : initiale 146,58 m (280 coudées) aujourd'hui 137 m
Bases de la pyramide : sud 230,454 m ; nord 230,253 m ; ouest 230,357 m ; est 230,394 m 
Périmètre : 922 m 
Surface : 53 056 m² 
Volume : 2 592 341 m³
Masse totale évaluée : 5,75 millions de tonnes
Inclinaison : 51°50'34"
Coordonnées : 29° 58’ 44’’ N, 31° 8’ 2’’ E

Des coïncidences troublantes

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La Grande Pyramide est un énorme cadran solaire. Son ombre au nord et la réflexion de sa lumière au sud, marquent précisément les dates annuelles des solstices et des équinoxes. A cause de l’angle de ses côtés par rapport à sa latitude, la pyramide ne projette aucune ombre à midi lors de l’équinoxe de printemps.
Le méridien et le parallèle qui se croisent au niveau de la Grande Pyramide (30 degrés nord et 31 degrés est) traversent plus de surface terrestre que tous les autres méridiens, ainsi la pyramide est située au centre des terres émergées de la Terre (ou du moins sur le site le plus adapté proche de cette intersection).
Les côtés de la pyramide sont alignés presque exactement sur les points cardinaux. La précision de cet alignement est extraordinaire, la marge d’erreur moyenne étant d’environ 3 minutes d’arc.
La Grande Pyramide fait face au nord véritable avec seulement 3/60e de degré d’erreur. La position du Pôle Nord se déplaçant avec le temps, il est probable qu’à l’époque de sa construction, elle était parfaitement alignée.
Les dimensions de base de la Grande Pyramide incorporent des mesures d’après lesquelles on peut calculer la taille et la forme de la Terre. Longueur des côtés : Nord 439.67 coudées (230.25m), Sud 439.67 coudées (230.25m), Est 439.93 coudées (230.39m), Ouest 439.87 coudées (230.36m)
La longueur du côté est de 9131 pouces pyramidaux, soit 365.24 coudées, soit le nombre de jours dans une année.
La hauteur de la pyramide (147m) est en rapport direct avec la distance minimale (périhélie) de la Terre au Soleil (147,100,000 km)

D'autres rapprochements intéressants, même s’ils ne sont pas tout à fait précis…

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La base de la Grande Pyramide est étonnamment horizontale, à 0.04 coudées (0.021m) près. Si l’on considère la surface de la base, cela dépasse de loin les standards architecturaux du présent.

Depuis l’antiquité grecque, l’humanité n’a cessé de se poser des questions sur cette unique survivante des sept merveilles du monde.
À quelle fin fut-elle construite ? Si c’est un tombeau, pourquoi n’y a-t-on jamais trouvé ni symboles, ni attributs royaux, ni momie royale ?
Et comment fut-elle édifiée ? Étant donné les techniques des bâtisseurs de l’époque, comment expliquer l’admirable précision de sa construction, son orientation presque parfaite par rapport aux quatre points cardinaux.

Si, dans sa conception même, la Grande Pyramide matérialise des notions mathématiques et astronomiques complexes, comment ses constructeurs ont-ils acquis ces connaissances tellement en avance sur les autres civilisations ?

La Corrélation d’Orion

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En 1994 parut à Londres «The Orion Mystery – Unlocking the Secrets of the Pyramids», en français : «Le Mystère d’Orion – Dévoiler les Secrets des Pyramides». Ce livre était l’œuvre de Robert Bauval, ingénieur en travaux publics d’origine belge, mais né à Alexandrie et passionné à la fois d’égyptologie et d’astronomie.

Dans cet ouvrage, Bauval établit scientifiquement le lien entre les trois plus grandes pyramides de Gizeh : Kheops, Khephren et Mykérinos, et les trois étoiles du Baudrier d’Orion : Mintaka (Delta d’Orion), Al Nilam (Epsilon d’Orion) et Al Nitak (Zêta d’Orion). C’est Al Nitak qui, il y a quatre mille ans , passait quotidiennement dans l’exact prolongement (mesuré par Flinders Petrie selon un angle de 44°30) du conduit sud de la Chambre du Roi de la Grande Pyramide.

 


La précession, phénomène dû à la rotation de la Terre, amène les constellations à modifier leur position au cours d'un cycle de 25980 ans. A l'aide de calculs informatiques déterminant la position des astres au-dessus des pyramides en 2 500 av. J-C, Bauval et Hancock constatèrent que l'une des galeries sud de la Grande Pyramide était très exactement orientée vers Sirius, étoile associée à la déesse égyptienne Isis. En revanche, l'axe des autres galeries sud se prolongeait vers la plus proche des trois étoiles du Baudrier d'Orion.
Selon l’ancienne religion solaire de la vallée du Nil, cette constellation était censée abriter le dieu Osiris, en une époque lointaine nommée Zep Tepi, ce qui signifie "Au Commencement" ou "la première fois".
Par ailleurs, Bauval et Hancock ont établi une série de liens troublants :

PYRAMIDES DE GIZEH

1. Elles sont orientées le long d’un méridien et alignées en diagonale vers le sud-ouest
2. La pyramide de Mykérinos est légèrement décalée vers l’est par rapport à la diagonale des deux autres.
3. La pyramide de Mykérinos est plus petite que les deux autres
4. La pyramide de Khephren est équidistante des deux autres
5. Les trois pyramides sont situées sur la rive ouest du Nil

BAUDRIER D’ORION

1. Lors de leur passage au méridien, les trois étoiles sont orientées vers le sud-ouest
2. Delta d’Orion (Mintaka) est légèrement décalée vers l’est par rapport aux deux autres
3. Mintaka est moins brillante que les deux autres étoiles
4. Epsilon d’Orion (Al Nilam) est équidistante des deux autres
5. Le Baudrier d’Orion est directement à l’ouest de la Voie Lactée, à une distance proportionnellement équivalente à celle de Gizeh par rapport au Nil


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Pour Bauval et Hancock, ces orientations ne sont pas fortuites. Selon eux, les bâtisseurs ont délibérément édifié la Grande Pyramide de telle manière que les galeries internes soient alignées sur ces étoiles. La thèse sur la relation entre les pyramides et le Baudrier d'Orion fut renforcée lorsque Bauval remarqua que la troisième pyramide, la plus petite, n'était pas parfaitement alignée sur les deux autres.
En examinant de près la constellation d’Orion, il constata que les trois étoiles affichaient le même décalage entre elles. Les trois pyramides de Gizeh pouvaient donc constituer une représentation symbolique de ces étoiles. Toutefois, l’angle du baudrier d’Orion ne correspondait pas exactement à la disposition des pyramides de Gizeh.

Retournant à leur ordinateur, Bauval et Hancock s’aperçurent que le seul moment où les étoiles du Baudrier d’Orion coïncidaient parfaitement avec la position des pyramides se situait en 10 500 av. J-C. Ils en déduisirent que les plans du site de Gizeh remonteraient quelques 8000 ans avant la construction des pyramides !
Bauval et Hancock arrivèrent conjointement aux conclusions suivantes. Selon eux, les concepteurs des plans de Gizeh, donnèrent aux pyramides et au Sphinx des proportions phénoménales dans l’espoir d’en faire un incontournable repère historique qui inciterait les générations futures à en chercher la signification.

En outre, pour les deux chercheurs, l’orientation des édifices est intimement liée à la symbolique stellaire. Aussi, seule une civilisation en mesure de comprendre le mouvement des étoiles pourrait être en mesure de percer le secret des pyramides de Gizeh.

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Cet ensemble d’étranges correspondances donna naissance à la théorie de Bauval connue sous le nom de «Corrélation d’Orion».

Enfin, il existerait encore, sur le plateau de Gizeh, des resserres inviolées qui renfermeraient l’ultime message que les constructeurs des pyramides voulaient transmettre.
Bauval et Hancock estiment que nous ne pourrons élucider la totalité de l’énigme du site que quand ces resserres auront été découvertes. Mais où sont-elles cachées ? Une possibilité consisterait à visiter la chambre située entre les pattes du Sphinx.

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La Constellation d’Orion

Orion est la constellation de l’hiver par excellence. Elle s’étale sur une grande partie du ciel. Par rapport aux différentes constellations, il est facile d’imaginer un homme. L’étoile du haut représente sa tête. Les épaules sont marquées par les étoiles Betelgeuse et Bellatrix. Sur certaines cartes, Orion porte à la main gauche une peau de lion et sur d’autres un bouclier pour se protéger. A sa main droite, il tient un gourdin ou une épée. A la taille il porte une ceinture de cuir où pend un étui pour porter une épée, appelée «le Baudrier d’Orion». Cette ceinture est marquée par le dessin de 3 étoiles rapprochées.
Orion fait partie des constellations les plus anciennes. Elle était connue de très nombreux peuples et visible partout sur Terre, l’hiver dans l’hémisphère Nord et l’été dans l’hémisphère Sud.

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Mythologie

Les premières civilisations de Mésopotamie vénéraient déjà Orion. Avec le temps, Orion est devenu l’amalgame de plusieurs personnages mythiques qui se sont superposés au fur et à mesure des conquêtes.
Pour les Egyptiens, cette constellation représentait le Dieu de la Mort et de la Résurrection, et s’apparentait à Osiris. Il accompagnait l’âme des Pharaons, dans la Pyramide, par un long couloir qui débouchait vers les divinités célestes marquées par les 3 étoiles de la ceinture d’Orion. Le phallus momifié du Pharaon était pointé vers les 3 étoiles, pour les féconder.

Comme pour tout chasseur, 2 chiens suivent Orion. L’un s’appelle Sirius – c’est l’étoile la plus brillante de tout notre ciel. Elle est dans la constellation du Grand Chien.
L’étoile Sirius était connue par les anciens Egyptiens sous le nom de Sothis et représentait la déesse Isis. Le jour de sa première apparition annuelle, à la mi-juillet, le 1er jour du calendrier égyptien, coïncidait avec la crue du Nil. Le limon déposé par le fleuve fertilisait le sol, et assurait de bonnes récoltes, ce qui était vital pour l’époque. C'est dire l'importance accordée à Isis, la fertilité de la terre dépendant de la crue du Nil.

L’autre chien d’Orion s’appelle Procyon, qui signifie en grec «devant le chien» car cette étoile nous apparaît avant Sirius. Procyon fait partie de la constellation du Petit Chien.

Textes grecs et légendes arabes

L’un des mystères et non des moindres est le silence des papyrus sur la Grande Pyramide. D’après l’historien Hérodote, il est dit en substance qu’elle fut construite par un roi très impopulaire, du nom de Kheops, qui aurait régné 50ans. 100000 hommes auraient travaillé en permanence pendant 20 ans sur ce chantier. Il est dit aussi que la Grande Pyramide est un monument à la mémoire de Kheops mais non pas sa tombe. Celle ci serait dans une île pas très loin de la pyramide.
Or les légendes arabes sont complètement différentes. Bien que leurs auteurs soient tardifs, il semble que leurs informations remontent bien plus loin.

L’écrivain arabe Massoudi qui mourut en 943 de notre ère, écrit dans "les champs d’or et les mines de pierres précieuses" : "Sourid (…) l’un des rois d’Egypte d’avant le déluge, construisit deux grandes pyramides… Il ordonna aux prêtres de déposer dans celle ci la somme de leur sagesse et de leurs connaissances dans les différents arts et sciences, en même temps que les récits contenant les sciences d’arithmétique et de géométrie, de manière que ceux ci puissent demeurer comme témoignage, pour le bénéfice de ceux qui, par la suite, pourraient les comprendre …Dans la pyramide orientale furent inscrites les sphères célestes et les figures représentant les étoiles et les planètes. Le roi mit aussi les positions des étoiles et leur cycles."

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Le plus vieux document mentionnant la pyramide est une stèle de calcaire gris jaune découverte par Auguste Mariette se trouvant au musée du Caire. Elle daterait de 1500 av J-C soit avant la 18e dynastie. Or elle pose plus de problème qu’elle n’en résout, car il y est inscrit que le Sphinx et la Grande Pyramide ainsi que d’autres existaient longtemps depuis l’avènement de Kheops et étaient dédiés à Isis.

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Un passant 06/02/2016 16:54

L'auteur Sandrine Desse, dans son roman, L'histoire proscrite, propose une théorie assez intéressante à ce sujet:
"...Ebloui, Cyril caressa respectueusement la pierre du
Sphinx. Tout à son bonheur, il en oublia les hommes
armés qui les escortaient. Alexis le couvait d’un regard
souriant. Dominique, en sueur, peinait à les suivre. Son âge
et son poids ne s’accommodaient pas à cette torride
chaleur.
« – Je suis en train de crever d’avoir fait trois pas et tu
voudrais me faire croire que ce sont des humains qui ont
construit ça ? Si c’était le cas, il y aurait plus de squelettes
que de grains de sable, ici ! Alexis lui tapota doucement le
ventre du bout de son index.
– Cher ami, je pense que le principal secret réside dans
une nourriture moins riche…
– Ils étaient sensés porter bien plus sur leur dos que
moi sur le ventre… Bon Dieu, je suis en train de cuire !
Cyril lui lança un regard incrédule, puis son visage
s’illumina.
– Si ça a l’air impossible, c’est qu’ils ne l’ont pas fait.
L’explication la plus logique est toujours la plus proche de
la vérité. Les théories les plus folles circulent pour
expliquer le mode de construction de ces monuments. Une
des théories qui fâchent le plus les égyptologues est celle de
la pierre réagglomérée à partir de calcaire désagrégé émise
par Joseph Davidovits en 1978. Et pourtant, les dernières
recherches scientifiques tendent à lui donner raison,
d’autant plus que le calcaire argileux est naturellement
présent sur les lieux de la construction. Sa théorie visait à
trouver une réponse pratique aux difficultés liées au
transport, au levage ou à l’ajustement très serré des blocs,
ainsi qu’à d’autres questions réputées insolubles comme la
fabrication des statues et des vases de pierre dure aux
formes fines et à l’aspect de surface soigné qui semblent
impossibles à réaliser par des méthodes de taille, surtout à
une époque où l’outillage était essentiellement de pierre et
de cuivre. Joël Bertho va dans ce sens en affirmant que
d’importants blocs de pierres concaves et convexes
s’assemblent parfaitement au millimètre près ce qui est
impossible à faire en taillant les pierres. Avec une
extraordinaire mauvaise foi, Jean-Claude Golvin a retoqué
ces théories en répondant que la provenance de toutes les
sortes de pierres constituant les pyramides est parfaitement
connue, les pierres des assises étant en calcaire silicieux
provenant de Gizeh même où les carrières sont encore
visibles, le parement venant de Tourah et le granite des
chambres funéraires étant issu des carrières d’Assouan. Il
ajoute en conclusion qu’il ne voit pas pourquoi les
Egyptiens se seraient compliqué la tâche en fabriquant de
la pierre alors qu’ils en avaient à revendre. On pourrait lui
répondre en lui disant qu’ils l’ont fait pour les mêmes
raisons que nous préférons utiliser aujourd’hui le béton
pour nos constructions. Ça facilite la manutention, et ça
améliore l’étanchéité et la solidité de la structure. Mais si je
crois que Davidovits a raison sur le principe, je crois qu’il
se trompe sur la méthode. Il est compliqué de trouver de
l’eau dans le désert, or c’est un élément essentiel pour
agglomérer la poudre de calcaire et un liant quelconque.
Par contre, le soleil est généreux… Avez-vous entendu
parler du four solaire d’Odeillo ? Grâce à lui, on peut
obtenir en quelques secondes des températures supérieures
à 3500°C. Pour en construire un, il suffit de savoir
fabriquer des miroirs. Or, on en a régulièrement retrouvé
dans les sépultures. Et le calcaire entre en fusion à 840°C
seulement. Ce sont bien des pierres moulées. Fondues et
moulées. Ces hommes ne se sont pas inutilement épuisés à
transporter ces pierres monumentales. Ils ont tout
simplement transporté des sacs de poudre calcaire jusqu’au
four solaire et les ont fondus puis moulés directement sur
place, un peu comme nous le faisons avec une
bétonnière…
– Enfin, Cyril, on ne peut pas faire fondre une roche…
Objecta doucement Dominique.
– Ah, c’est nouveau, ça ! Et le magma, c’est quoi, à
votre avis ? De la roche fondue ! Ils n’étaient pas plus bêtes
que nous, nos anciens… Il n’y a aucune raison qu’ils
n’aient pas compris ce phénomène naturel. J’en veux pour
preuve qu’une étude paléomagnétique des deux grandes
pyramides d’Egypte a été récemment menée. Elle est basée
sur l’hypothèse que si les blocs ont été fabriqués in situ par
agglomération leurs moments magnétiques auraient été
tous parallèles, orientés à peu près dans la direction nordsud.
Toutefois, si les pyramides ont été construites à partir
de blocs naturels, extraits et transportés depuis les carrières
voisines, ayant subi une rotation aléatoire au cours du
transport et de la construction, alors les directions de leurs
moments magnétiques seraient orientées au hasard.
L’étude conclut que les paléodirections des trois
échantillons présentent l’orientation commune nord-sud,
ce qui permet de penser qu’ils ont été effectivement
produits in situ.
– Je veux bien, Cyril, mais si le revêtement des
pyramides est effectivement en calcaire, si on le soumet à
une décharge électromagnétique, elles tombent en
poussière. Remarqua Alexis.
– Le docteur Philip Callahan a mesuré le calcaire qui
couvre la grande pyramide. Il est diamagnétique. Le granit
rose utilisé à l’intérieur du bâtiment est en revanche l’une
des substances les plus paramagnétiques qui existent. C’est
un sarcophage efficace contre le magnétisme et qui permet
de protéger les matériaux du monument. Il n’est d’ailleurs
pas exclu que des grains de silice aient été volontairement
ou accidentellement mélangés en quantité infinitésimale
au calcaire en fusion, l’émaillant de petits morceaux de
verre qui est un bon isolant si je ne m’abuse.
– Vous avez raison, mais je ne vois pas de traces de
verre autour de nous. Un four d’une puissance telle qu’il
permet la fusion du calcaire aurait transformé le sable qui
l’entourait en verre et nous en aurions des traces visibles !
– Et le verre lybique ! Il y en a 6500 km carrés… Que
vous faut-il de plus ?
– Le désert lybique… Ce n’est pas à côté ! Ça ne plaide
pas en faveur de la fusion et du moulage in situ…
– Je vous le répète : ne les prenez pas pour des idiots,
ces Egyptiens ! Ce verre lybique n’est pour moi que la
preuve qu’ils ont testé leur méthode et leur matériel avant
de passer aux choses sérieuses. On n’a pas construit la
première bétonnière sur le chantier de l’Empire State
Building, nous !
– Alors pourquoi n’y a-t-il pas de verre autour des
pyramides ?
– Parce que le four n’était pas au sol, tout simplement.
Puisqu’il est communément admis qu’ils maîtrisaient l’art
des échafaudages… Je ne vois pas ce qu’il y a d’impossible
à cela…
– CQFD ! Conclut Dominique en lui donnant une
grande bourrade dans l’épaule...."